un passage par le Purgatoire…

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Après un dernier bivouac au départ de Lyon, j’ai eu l’occasion de refaire une dernière (sans doute !) randonnée au départ de Lyon…

Cette balade avait d’ailleurs un petit air de retour à mes premières amours puisque je suis reparti dans le Purgatoire, où j’avais passé tant de journées en 2011 à chercher les traces des charbonniers et des spéléos, avant de finalement passer à autre chose et de ne plus guère retourner que de temps à autres dans les Erges

Avant de poursuivre ce petit récit, il me faut d’ailleurs reprendre le temps de présenter le contexte général de l’endroit.

Le Purgatoire se situe au nord de la réserve naturelle des Hauts Plateaux du Vercors (ou pour prendre un axe différent : il se situe à l’est de la prairie d’Arbounouze). C’est une zone assez remarquable en ce sens qu’elle est particulièrement perdue et sauvage : c’est un enchevêtrement de petits rancs rocheux, de lapiaz, de gouffres et de végétation plus ou moins dense. Le tracé du GR91 le souligne d’ailleurs par opposition assez bien car il l’évite soigneusement, en descendant de Carette vers Arbounouze, avant de remonter plus loin vers Tiolache.

Mais dans un passé pas si lointain la situation était nettement différente : cette zone était occupée par les charbonniers qui y ont créé de nombreuses sentes que l’on retrouve plus ou moins facilement aujourd’hui, avec ici ou là les plates formes de leurs charbonnières sur lesquelles on retrouve encore la terre noircie.

Un peu plus tard une autre population, bien moins nombreuse mais pas moins active, est venue quadriller tous ces contreforts tourmentés de la barrière du Vercors : les spéléos, et tout particulièrement l’ASV (Association Spéléo Vercors), qui a laissé des traces mémorables dans les années 60 avant de se mettre en sommeil à la fin des années 70. Ils ont largement repris et entretenu les vieilles sentes des charbonniers, puis ont laissé leurs marques auprès de la plupart des gouffres et des cavités innombrables dans ce chaos rocheux, qui est tel une mer déchaînée et subitement pétrifiée.

L’ASV avait deux figures marquantes dans les années 60 et 70 : Jésus (de son vrai nom Marcel Jougan ; 1930-1995) et Goupette (Jean-Paul Argoud-Puix ; 1944-1991), que suivaient bon nombre de jeunes intrépides du plateau. L’ASV s’est notamment distinguée en faisant de belles campagnes d’exploration dans la grotte de la Combe de Fer (où Goupette manqua de peu de décéder suite à une chute de 18m dans une cheminée à -110m, en pleine tempête de neige en janvier 1965, avec un sauvetage difficile à la clé) et en découvrant le Pot 2 (un puits avec une verticale directe de 317m : record du monde à l’époque qui leur valu un article de Paris Match à la fin des années 60 -cf. plus bas).

Ils ont également bâti plusieurs cabanes qui leurs servaient pour leurs camps de prospection, et mes recherches ont d’ailleurs été motivées au départ par les lointains souvenirs de Pascal, qui se rappelait être passé à la cabane à Jésus dans les années 80 et qui se demandait où elle pouvait bien être, si tant est qu’elle existe encore.

Avec notamment Pascal et Gérard, nous avons ainsi pas mal sillonné tout ce secteur, en s’attardant notamment de la Combe de Fer à Tiolache avec des zones particulièrement captivantes : la Combe de Fer, Serre du Play, le clos de la Fure, le Grand Pot, le Rey Blanc, le Purgatoire et la zone particulièrement fracturée du Pot 2, et enfin les Erges (tout cela respectivement du nord au sud).

J’ai relaté au final l’essentiel de tout cela (pour ma part), sur une page de mon vieux site web à l’époque.

Ce dimanche matin me revoici donc avec Pascal au col de la Berche, en vue de refaire un joli petit tour dans tout ce secteur où je n’étais pas revenu depuis un bon moment. On sent que c’est une randonnée qui fera date dans l’histoire des Hauts Plateaux du Vercors et nous avons mis nos plus belles tenues en conséquence : Pascal a son short de marathon et j’ai ma tenue de boy-scout…

L’idée n’était pas de refaire de grandes explorations et de grandes découvertes, mais juste de prendre plaisir à repasser dans tous ces endroits perdus et envoûtants. Pour simplifier la lecture et la compréhension, je relaisse ici sans attendre les schémas que j’avais fait sur cette portion du plateau, en reprenant la base d’un vieux schéma de l’ASV peut-être fait par Jésus lui-même, et que j’ai complété avec les données d’aujourd’hui.

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Nous sommes tout d’abord passés par le Pot du Play, avant de bifurquer vers l’ancien refuge octogonal du parc du Vercors (qui a brûlé il y a bien longtemps et dont ne restent guère que les fondations en béton) pour aller chercher le départ de la vieille sente des charbonniers de la combe Morta, que je n’avais prise qu’une fois et qui mène aux abords de l’ancien refuge ASV au débouché du « chemin bleu du Purgatoire ». Nous avons remonté la combe en profitant de ses curiosités (par endroits des gouffres qui s’ouvrent sous les tapis de mousse, une ou deux grottes, des aménagements de sentiers faits par les charbonniers et un beau miroir de faille qui ferme la combe au sud sur une bonne distance).

Après avoir rejoint la piste bleue, nous avons poursuivi par une sente cairnée en direction du pas Morta (qui correspond en gros à la saignée communale) jusqu’à récupérer une autre sente cairnée qui contourne des rancs rocheux pour filer vers le Pot 2. Pour cette dernière sente, je dis « cairnée » mais c’est un bien grand mot car depuis mon dernier passage un balisage sauvage de couleur bleue particulièrement envahissant est apparu, sans doute combattu par le parc qui a remis par dessus une peinture grise… Bref la guerre des balises est déclarée, et on peut en effet regretter ce balisage intempestif qui enlève une bonne partie du charme et du mystère de l’endroit.

Enfin avec tout ceci nous sommes arrivés rapidement et sans encombres aux abords du Pot 2, en ayant profité de la présence de bouquetins, assez nombreux.

Le Pot 2 est toujours assez impressionnant : on y arrive après avoir croisé bon nombre de grottes ou précipices de partout, et on se retrouve au bord d’un scialet comme tant d’autres mais dont la gueule béante s’ouvre sur un puits de plus de 300m : un peu comme si l’on se tenait sans le savoir sur le rebord du sommet de la tour Eiffel, et que cette dernière soit parfaitement verticale…

C’était intéressant pour moi de passer là avec Pascal car j’y étais venu au moins trois ou quatre fois tout seul et Pascal avec sa longue antériorité de spéléo se rappelait toujours de pas mal de petites choses ou d’histoires dans le coin (pour être descendu deux fois dans le Pot 2 et pour avoir suivi souvent les sentes historiques d’accès qui suivaient un câble)…

Nous nous y sommes posés un bon moment tranquillement pour le pique-nique, non sans se poser quelques questions sur les anciennes traces de cheminement dans le coin (notamment : il y a une bonne trace qui mène du pas Morta aux abords du Pot 2, une autre qui remonte de la piste bleue -en provenance du cirque des mouflons – jusqu’aux abords supérieurs du Pot 2, mais entre les deux portions il y a une zone chaotique dans laquelle on ne trouve pas de jonction logique : ce sera à creuser pour une prochaine fois pour Pascal !).

Le soleil se montrait finalement un peu plus généreux que dans la matinée où il était particulièrement timide, et nous avons poursuivi en direction du Pas Morta, après une nouvelle séance auprès des bouquetins et une observation du gouffre qui s’ouvre au nord ouest du Pas et qui servait de bizutage aux petits nouveaux de l’ASV. A noter une surprise au Pas Morta : la guerre des balises avait sévi jusque là !! C’était en tout cas un grand plaisir de fouler de nouveau ces belles prairies fleuries d’altitude avec toute leur végétation et leurs odeurs (fenouil sauvage, et parfois des effluves de ciboulette ou d’ail)…

Ensuite nous sommes redescendus par un bon sentier bien marqué jusqu’au chemin bleu « historique », d’où nous avons gagné la petite dépression 1683 où se situe la ruine de l’ancien refuge ASV. Nous y avons fait une nouvelle petite pause en réfléchissant à nouveau à toutes ces histoires anciennes de cabanes mystérieuses, et notamment : cette ruine est elle celle de la cabane à Jésus ?

J’avais été voir avec un très grand intérêt l’exposition consacrée à l’ASV à la maison du patrimoine de Villard fin 2011, j’étais même aussi allé aux archives départementales de Grenoble pour lire les deux seules revues existantes de l’ASV à cette époque (« les ânes du Purgatoire ») et j’y voyais invariablement mention de ce « refuge ASV » mais on ne le voit jamais nommé « cabane à Jésus ». Alors faut-il considérer que c’est bien sûr cette cabane, et que le nom s’est déformé au cours du temps ?

Ou peut-on imaginer qu’il y a eu ces quelques refuges ancestraux dont font mention les croquis de l’ASV (cabane de la Combe de Fer et refuge ASV) puis que quelques années plus tard, nos deux joyeux drilles Goupette et Jésus se sont fait chacun leur cabane dans un endroit plus discret ? Ce n’est pas impossible en tout cas (si on compare avec la cabane à Goupette : celle-ci n’est pas mentionnée dans les documents ASV, qui ne mentionnent que la cabane du Grand Pot à l’emplacement de la ruine actuelle dans la clairière) et on pourrait imaginer qu’il y a eu dans les années 60 ce refuge ASV initial (comme la cabane de la combe de Fer), qui a été suivi (après que l’ASV ait terminé ses brochures -la première en 1965 et la seconde en 1969) par une cabane à Jésus qui pourrait correspondre à la ruine à proximité immédiate du Pot 2 (du reste, Pascal qui est entré dans la cabane à Jésus dans les années 80 se rappelle d’une zone très chaotique, plus chaotique dans son souvenir que la ruine du refuge ASV dans sa paisible clairière du point 1683). Une réponse définitive viendra peut-être un jour d’un ancien de l’ASV, mais je n’ai toujours pas vraiment de certitudes…

Après ces grandes réflexions nous avons repris la piste bleue « historique » jusqu’à la cabane pastorale du point 1726, avant de récupérer le chemin bleu (en direction d’Arbounouze et du Rey Blanc) que nous avons suivi pour le retour. Il faut noter d’ailleurs que ce cheminement est vraiment admirable : cette sente évite avec beaucoup d’intelligence toutes les difficultés du terrain. Celles qui peuvent rester ont été soit gommées (on sent bien parfois que certains rancs de calcaire ont été taillés pour faciliter le passage des mulets) soit aménagées (on trouve ici et là des empilements de blocs pour faire un chemin aussi plat que possible ou parfois un escalier).

Cette piste nous a ramenés jusqu’à l’impluvium, qui grouillait de tritons alpestres : nous commencions à être pressés mais autrement j’aurais pu y rester un bon moment ! Enfin, nous sommes revenus à la prairie d’Arbounouze que nous avons traversée pour remonter au pot de l’Echelette avant de redescendre au col de la Berche, après cette journée fort sympathique avec la compagnie bien appréciée de Pascal !

NB : pour ceux que l’histoire de l’ASV peut intéresser, je vous recommande vivement la lecture du n°5 des « Cahiers du Peuil » que l’on peut trouver en général à la librairie de Villard « Au temps retrouvé« . Ce n°5 comprend un article de Michel Burlet intéressant et documenté sur l’histoire de l’ASV.

Et maintenant place aux photos ! Lire la suite

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Un bivouac dans le sud Vercors : la vire du rocher des Heures

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Ce fut certainement mon dernier bivouac dans le Vercors au départ de Lyon…

J’avais effectivement la possibilité de partir faire un bivouac ce long week-end, mais la météo exécrable de cette semaine, qui s’est prolongée le samedi, m’a conduit à me contenter finalement d’une sortie sur le dimanche et le lundi. Même pour ces deux jours les prévisions n’étaient pas extraordinaires (surtout le dimanche) mais dans ma situation les occasions ratées sont plus que jamais perdues, donc je me suis dit que je regretterais certainement de ne pas avoir tenté ma chance. Avant de partir j’ai tout de même jeté un oeil aux webcams de la station de Villard et ça n’était pas encourageant : brume épaisse, aussi bien à 1100m à Bois Barbu qu’à 1700m sous les rochers des Jaux. Rien qu’à voir ces images j’imaginais bien le vent glacial qui devait les accompagner, et je me suis dit que la balade risquait d’être très austère : il fallait prendre les affaires pour le froid…

J’avais deux idées en tête pour cette balade : avant tout profiter à nouveau du chant des tétras comme c’est encore la période de leurs parades, et si possible refaire un tour à la belle vire du rocher des Heures où j’étais passé il y a quelques années mais en attendant presque toute l’après-midi d’avoir droit au soleil. J’avais d’ailleurs à cette occasion retraversé le plateau de nuit pour rentrer bivouquer au pas de l’Aiguille, donc il n’y avait pas de raisons que je ne puisse pas regagner les abords de l’arène des tétras.

La webcam de Villard laissait tellement peu d’espoirs d’avoir le soleil ce dimanche soir que j’ai hésité à emmener mon ulgra grand angle qui ne serait utile que sur la vire, mais je me suis dit que je regretterais tellement de ne pas l’avoir pris s’il y avait du soleil que je l’ai tout de même mis dans le sac.

Le sac du reste m’a semblé particulièrement lourd, entre les affaires de bivouac pour le froid, les affaires pour l’affut (là encore j’avais pris une toile chaude et bien coupe vent, mais lourde) et les affaires pour les photos : heureusement que la montée par le pas de l’Aiguille n’était pas trop longue !

En descendant le Trièves, j’ai vu que si le nord Vercors semblait en effet bouché sans rémission à attendre, le sud laissait plus de trouées et j’ai même eu la surprise de voir que la Tête Chevalière et le Mont Aiguille étaient parfaitement dégagés : il semblait que le Veymont formait un barrage ultime au déferlement de la brume intense, sans empêcher toutefois des bandes de nuages de déferler ensuite vers le sud.

Au parking il faisait bien frais comme annoncé, mais finalement c’était peut-être plus agréable que les grosses chaleurs pour faire la montée. Une fois au Pas, le vent froid s’engouffrait avec violence et les randonneurs croisés avaient tous leur veste coupe vent avec la capuche… Je suis passé à la source prendre de l’eau (le torrent qui dévale du pas m’a semblé particulièrement bien fourni alors que la source n’avait toujours que son tout petit filet d’eau) puis j’ai entamé sans tarder la traversée vers Jasneuf, où je me suis mis dans un petit creux à l’abri du vent pour mon premier repas, il devait être 14h. Je n’ai pas tardé à remarquer les allées et venues d’une mésange noire qui arrivait avec le bec rempli de mousses et brindilles pour aller les mettre dans un petit creux dans les roches : sans doute un nid en préparation !

Je suis ensuite parti en direction de la vire sur le versant opposé, en profitant toujours globalement d’un beau soleil alors que les environs semblaient encore cernés de nuages : c’était bien appréciable !

Je suis arrivé à la vire du rocher des Heures en milieu d’après-midi : j’avais croisé de nombreux groupes sur les sentiers en ce long week-end et j’ai trouvé bien agréable de retrouver le calme et la solitude de cette vire perdue. Le bout de la vire était bien colonisé par les marmottes et j’ai commencé par gagner le petit promontoire perdu face à la face abrupte du roc de Peyrole, dans un cadre particulièrement grandiose. L’endroit était idyllique pour faire une sieste, que je n’ai pas tardé à faire.

A mon réveil le soleil avait commencé à décliner un peu, et je suis revenu vers les endroits les plus spectaculaires de la vire comme la lumière devenait plus intéressante.

Au bout d’un moment le soleil a fini par rejoindre une bande de nuages épars qui filait depuis le plateau, mais comme elle restait assez morcelée cela donnait des jeux de lumière plutôt amusants sur les parois. Enfin le soleil a atteint les couches nuageuses les plus basses : j’ai alors laissé la place à un petit groupe de jeunes bouquetins qui attendaient manifestement depuis un moment que je m’en aille pour préparer leur nuit.

Un petit avis sur cette vire du rocher des Heures pour ceux que cela tenterait : je la classerais dans les vires sans difficultés techniques, donc facile. Néanmoins la trace n’est pas toujours très nette (on n’est pas sur le sangle de Fouda Blanc) et parfois dans une pente un peu marquée, avec le vide absolument tout près : il ne faut vraiment pas se rater ! A d’autres endroits en revanche, elle est parfaitement plate et large et inviterait vraiment à la pause farniente, si les nombreux rochers oranges qui jonchent le sol ne rappelaient pas que la falaise en surplomb est foncièrement malsaine (bien que superbe avec sa teinte chaude). C’est la deuxième fois que je venais sur cette vire et je n’avais toujours pas de casque : c’est sans doute le point que je trouve le plus stressant ici. Enfin il ne faut pas manquer ce promontoire avancé face à l’immense paroi du roc de Peyrole : c’est bien moins vertigineux que la vire proprement dite mais ça vaut le coup d’aller jusque là !

Donc en résumé : une belle vire pour les amateurs, mais j’éviterais tout de même d’y aller en famille…

Une fois sorti de la vire j’ai pris sans tarder la direction du lieu auquel je pensais pour mon bivouac : j’avais un joli premier quartier de Lune pour m’éclairer et je me suis dit que je devrais donc me passer d’elle une nouvelle fois pour gagner ma cache aux abords de l’arène des tétras dans quelques heures…

Je suis arrivé sans encombres et j’ai planté la tente sans tarder. J’ai veillé un peu car Pascal m’avait écrit qu’il allait arriver dans la soirée mais le vent a érodé ma capacité de veille : je me suis dit que je serais plus au confort dans mon sac de couchage (d’autant qu’après l’arrêt de la marche le froid se faisait nettement plus sentir) et j’avais juste laissé ouverts les volets de ma tente affut en vue de regarder de temps en temps si je le voyais. Mais j’ai réalisé que le connaissant, il monterait sans doute sans frontale, qu’il poserait sans doute à son habitude son bivouac plus haut (arrivant de l’autre versant) et qu’enfin il risquait d’arriver franchement tard, étant parti de Valence vers 19h : je me suis donc endormi.

La nuit fut mauvaise comme souvent : bruits sourds de vibrations de musique techno dans quelque vallée à proximité, heureusement contrariés par les échos de chants nocturnes de chouettes de Tengmalm dans les parages, ainsi que les aboiements ponctuels de renards et de chevreuils. Un moment du reste je me demande si je n’ai pas entendu hurler un loup (le hurlement commençait de façon grave et rauque avant de monter fortement dans les aigus), mais ce fut assez bref. La nuit fut fraîche et la tente était complètement givrée au petit matin : même avec mon sac de 600g de duvet j’ai dû fermer toutes les collerettes et la capuche pour rester relativement confortable.

Pour éviter les mésaventures de l’année dernière où je n’avais pas entendu mon réveil, j’avais mis un double réveil (le smartphone et la montre) à 4h15 et heureusement car cette fois encore je n’ai pas entendu la montre (ou elle n’a pas sonné).

Départ assez rapide, en essayant de ne pas trop faire bouger la toile pour ne pas me prendre sur la tête les cristaux de givre qui avaient condensé puis gelé dans la tente. J’avais déjà posé la veille sur l’affut prévu mon trépied et la toile de camouflage, donc je n’avais plus qu’à prendre l’appareil et le duvet entouré du tapis de sol en guise de siège pour limiter l’inconfort.

Le parcours nocturne fut donc fait à nouveau sans Lune, mais heureusement je commençais à bien connaître la zone et mon affut était bien plus simple à trouver que l’année dernière donc j’étais en place peu après 4h30.

A 5h10 j’ai entendu un vol lourd derrière moi et j’ai vu un tétras qui volait en direction du coeur de l’arène, puis quelques instants après tous les coqs se sont mis à parader et chanter en même temps. Malgré la nuit encore noire et le vent froid, l’ambiance était comme toujours extraordinaire, un vrai plaisir d’être là. Au-delà du chant et de l’agitation des tétras, j’entendais toujours les chouettes de Tengmalm qui se répondaient, ainsi qu’un coucou.

La clarté est venue peu à peu et j’ai pu mieux comprendre l’arène : sur un bombement à ma gauche il y avait essentiellement trois coqs qui paradaient (dont un assez discret juste sur le bord de l’affut de l’année dernière) et sur la droite ils étaient trois (parfois quatre) à se partager la bande herbeuse. Le dominant sans doute restait plutôt dans la zone centrale et venait régulièrement chercher des noises à tous les jeunots aux alentours.

Je n’avais pas de grandes attentes côté photo car il n’y a guère que deux postes d’observation possibles sur cette arène : celui de l’année dernière en plein coeur de l’arène avec les coqs les plus proches qui déambulent à une poignée de mètres mais avec l’inconvénient d’être très inconfortable et d’avoir un point de vue très limité sur la zone, et celui où je me suis mis ce matin qui offrait au contraire une vue de l’ensemble de l’arène (en étant à plus de cinquante mètres et en étant en contrebas) mais en contrepartie qui donnait forcément des photos sans grand intérêt (trop loin puis en contre jour total une fois le soleil levé). J’avais pu faire de belles photos l’année dernière donc j’avais surtout envie pour cette fois de voir et comprendre l’ensemble de l’arène, plus que de refaire les mêmes photos que l’année dernière : raison pour laquelle je me suis mis à cet endroit.

Entre huit et neuf heures les coqs (dont la parade se faisait plus discrète et moins engagée depuis le lever de soleil) se sont dispersés soudainement et je n’ai pas tardé à en comprendre la raison en entendant des voix humaines de randonneurs qui passaient dans les parages.

J’ai patienté encore un peu puis au bout d’un moment j’ai fini par lever mon affut et je suis retourné à ma tente pour grignoter un petit déjeuner. Je pensais que Pascal était toujours dans l’affut au coeur de l’arène et je regardais quand il allait sortir quand il est arrivé derrière moi : finalement il ne s’était pas réveillé assez tôt ce matin et il s’était contenté de regarder la scène du haut. Nous avons discuté un moment avant de faire une petite sieste pour se réchauffer au soleil. Je me suis bien endormi, et une fois réveillé j’ai rangé mes affaires pour aller le retrouver sur les hauteurs. Il bouquinait et nous avons discuté un moment des sujets en cours (balades, animaux, Vercors et bouquins : nous étions justement en pleine lecture de livres surprenants : Ulysse de James Joyce pour Pascal et le roi des aulnes de Michel Tournier pour moi…) avant de déjeuner au soleil.

Enfin le temps passait et j’ai entamé mon retour vers le pas de l’Aiguille, en passant dans des zones perdues comme j’aime.

J’ai fait une dernière petite pause en arrivant au pas de l’Aiguille, où j’ai vu au débouché du Pas un troupeau de bouquetins, suivis par un troupeau de promeneurs : la scène aurait pu être coquasse ! Enfin j’ai entamé la descente, et en passant près des bouquetins j’ai vu qu’ils passaient à leur pelage estival ce qui expliquait leur longue séance de grattage : avec les cornes, dans les arbres ou contre le sol…

Enfin le retour à Lyon fut sans histoires…

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Quitter le Mont d’Or et Lyon…

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Un article un peu atypique pour une fois, car le sablier de la vie s’écoule inexorablement et notre temps en région lyonnaise s’achèvera dans quelques mois.

Ce n’est pas une surprise : nous savions en arrivant que le séjour ne serait vraisemblablement que de quelques années, mais comme toujours l’échéance nous semblait alors bien lointaine et surtout elle restait floue, donc un peu incertaine.

J’ai une appréhension de ce moment car je sais que les dernières balades entre cabornes, pierres dorées et carrières seront un déchirement.

Je quitterai sans tarder mon lieu de travail actuel : si ce quartier défraîchi de Villeurbanne ne m’a pas fait rêver au départ, je me suis attaché à ce bureau qui m’offrait régulièrement de belles échappées visuelles vers les Alpes par temps clair ou vers les tours de la Part-Dieu, Fourvière et les monts du Lyonnais, avec plus d’une fois de beaux levers ou couchers de soleil pour lesquels j’ai bien regretté de ne pas avoir mon appareil photo sous la main… Je me suis aussi bien attaché à mes collègues de travail, après plus de cinq ans avec eux.

Pour la famille aussi l’arrachement sera certainement aussi douloureux : le petit dernier (huit ans) m’a dit récemment « Papa, je rachèterai la maison quand je serai grand »… Pour lui cette maison restera sans doute comme celle de son enfance. Je me rappelle qu’à cinq ans mes parents ont déménagé. Etant considéré comme trop petit j’étais resté à l’appartement pendant que ma sœur aînée les avait accompagnés pour découvrir la nouvelle maison. Elle en était revenue absolument enthousiaste : « c’est merveilleux, il y a même un ruisseau au fond du jardin ». Je me rappelle avec une grande précision l’image que cette description m’a évoqué : une simple cabane en bois dans une jolie prairie, avec un petit torrent coulant à proximité et je m’imaginais déjà poser mes bateaux dans la rivière pour les voir suivre le courant dans l’eau claire. Autant dire que j’avais été très déçu en découvrant la réalité peu après : une maison dans un lotissement immense et sans âme, avec pour ruisseau une pauvre tranchée servant à évacuer les trop pleins d’eau boueuse lors des grosses pluies… Et voilà : je réalise qu’avec sa petite source d’eau claire, notre maison dans le Mont d’Or m’a un peu ramené à mon rêve d’enfant.

Il y a tout de même au moins une contrepartie positive : j’apprécie encore plus qu’avant les petites choses insignifiantes auxquelles on ne prête plus forcément attention, aspirés par le quotidien et l’habitude.

Il pourrait y avoir une multitude d’exemples : le rayon de soleil matinal qui vient frapper l’église sur la colline qui nous domine, la buse qui crie dans le ciel alors que j’ouvre les volets d’un enfant au petit matin, ou parfois un chevreuil qui regagne prudemment le couvert des bois dans ces mêmes circonstances, la salamandre que j’attrape délicatement pour la poser dans l’herbe les soirs de pluie alors qu’elle flânait sur la voie d’accès à la maison avec sa démarche lente et pataude, le pic noir dont le cri déchire les bois alors que j’avance sur une sente perdue, la visite inhabituelle d’un héron qui vient faire une pause sur un cyprès, la chouette hulotte qui hulule à proximité alors que j’écris ces lignes, ou encore plus simplement les mésanges qui pépient en nombre…

Je réalise que c’est une chance absolument incroyable d’avoir pu vivre toutes ces années dans un tel cadre, à seulement quelques kilomètres d’une grande ville telle que Lyon. Cela me rappelle d’ailleurs mon étonnement lorsque j’ai débouché la première fois du vallon d’Arche de Saint Romain par une belle matinée ensoleillée : j’avais l’impression de me trouver dans une petite clairière paradisiaque des Alpes, alors que j’étais à moins de dix kilomètres du centre de Lyon et que je n’avais croisé personne de la matinée !

J’avais eu la même sensation la première fois que nous sommes montés dans le Mont d’Or, de Neuville à Poleymieux en passant par Curis : le vallon qui s’ouvre derrière Curis m’avait semblé d’une tranquillité comme celle que l’on ne trouve que dans certaines vallées paisibles de montagne…

Assez paradoxalement, je suis né à côté de Lyon, par accident, mais enfant je me suis toujours considéré comme lyonnais alors que je ne connaissais absolument pas la ville. Je me suis du reste largement passionné au primaire pour les aventures des Six Compagnons (de Paul-Jacques Bonzon), une bande de jeunes enfants de la Croix-Rousse qui démêlait des intrigues policières dans la région et je cherchais avec passion sur les cartes les rues et tous les endroits de leurs aventures.

J’étais donc d’autant plus heureux de pouvoir découvrir cette ville lorsque nous sommes arrivés en 2010 et là-encore je l’ai trouvée fabuleuse : une promenade dans le vieux Lyon, en franchissant les lourdes portes qui donnent accès au paradis des cours intérieures de la renaissance ou des traboules, est un voyage dans le temps captivant, même pour quelqu’un qui n’a aucune culture en architecture comme moi.

Et puis il y a les Alpes : je ne m’étends pas sur ce sujet comme les promenades en montagne, l’une de mes grandes passions, ont été la raison d’être de ce site. En arrivant je n’avais qu’une peur : me dire que nous avions tout le temps et laisser l’usure du quotidien prendre le dessus, avec la paresse du confort de la maison l’emportant sur l’austérité du sac à dos trop lourd et de la mauvaise nuit sur un sol trop dur.

Je me suis efforcé de garder un cap d’au moins un saut en montagne par mois. Je n’ai pas réussi à le tenir avec les trop nombreuses contraintes familiales ou plus souvent encore météo.

Néanmoins, avec une cinquantaine d’articles publiés sur ce site concernant des balades en montagne depuis trois ans, je me dis que ça n’a pas été si mal et j’ai eu l’occasion de faire de nombreuses randonnées que je rêvais de faire depuis bien longtemps. Cela m’a aussi donné la richesse d’en partager avec de nombreuses personnes desquelles j’ai gardé un excellent souvenir : Pascal de Valence bien sûr qui est souvent apparu sur ces pages, mais aussi Gaëlle, François, Gérard, Didier, Guillaume, Pascal Sombardier, Bernard, Caroline, Pierre, Philippe, Eric et Jérémy.

Cet article ne se veut pas un adieu : il nous reste encore quelques mois même si les préparatifs m’empêcheront peut-être de refaire des bivouacs, et de retour à Paris j’essayerai de continuer à garder la motivation pour revenir user mes chaussures sur les sentiers du Dauphiné…

Comme à mon âge suffisamment avancé on ne se refait plus, je ne terminerai pas cet article sans quelques photos qui illustrent l’une ou l’autre de ces réflexions… Lire la suite

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Grand Ferrand et Tête de Vallon Pierra : un bivouac au coeur du Dévoluy

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J’avais eu envie de profiter des beautés du Dévoluy cet automne et j’avais tenté, début septembre, un bivouac aux abords de la Tête de Vallon Pierra. Malheureusement ce week-end là, un brouillard dense qu’accompagnait un violent vent du nord n’avait pas lâché les crêtes et j’étais rentré de nuit, au mieux.
L’automne s’est avancé : le 1er week-end de novembre, la météo était exceptionnellement belle mais je n’ai pas pu en profiter pour faire un tour dans mes chères montagnes et je me suis dit que c’était sans doute la dernière occasion avant l’hiver qui venait de passer.
Mais non : pour le week-end suivant c’est de nouveau un superbe anticyclone qui s’est invité, avec un ciel très pur, et cette fois j’ai pu en profiter…
Les résidus de neige tombée un peu plus tôt dans la saison étant désormais insignifiants, je me suis dit que c’était l’occasion de retourner dans le Dévoluy, pour achever cette randonnée tronquée de septembre.
Départ à nouveau de Saboyer, dans le vallon de la Jarjatte. La randonnée débute en même temps que celle d’un jeune couple qui part pour le vallon avec ses deux petits, dont l’un fait une colère absolument monumentale. Cela me rappelle les années douloureuses où nous emmenions aussi en rando les enfants portés en sac à dos, mais que j’avais fini par arrêter car le plaisir de la balade était passé sous le déplaisir du portage trop lourd. Au moment d’attaquer la montée dans le ravin du Fleyrard, cette pensée me réconforte sur ma situation actuelle et mon sac à dos n’en devient que plus léger, alors que les hurlements de l’enfant résonnent encore dans le vallon…
Sur la carte la pente du ravin du Fleyrard n’inspire pas grand chose de bon : c’est raide et tout droit sur 300 m de dénivelée. Je l’emprunte néanmoins pour mieux comprendre après coup ma descente de nuit de mon dernier passage, je me dis également que c’est le genre de chose que je préfère en montée qu’en descente, et enfin les journées étant maintenant bien plus courtes il vaut mieux aller au plus rapide si je veux avoir le temps de profiter ce soir de l’arête entre le Ferrand et la Tête de Vallon Pierra.
Je débouche au lac du Lauzon où il y a quelques personnes, sans que ce ne soit la foule. La journée est effectivement superbe et la veste est rangée dans le sac à dos depuis longtemps.
Je prends le pique-nique, satisfait d’être dans les temps que je m’étais fixé, et j’entame la montée au col de Charnier (au-dessus duquel planent toujours les vautours, cela va sans dire)…
Je croise quelques personnes dans la montée et je leur pose la même question : reviennent-ils du Ferrand et si oui, est ce que la voie d’accès est déneigée ? J’ai l’intention en effet d’y monter le lendemain pour le lever de soleil mais comme je ne l’ai jamais faite et que je devrai la parcourir de nuit, j’aime autant ne pas rajouter des difficultés supplémentaires d’autant que le parcours présente certaines portions délicates (le livre de Pascal Sombardier parle de gradins exposés ; NB : ce livre est désormais épuisé malheureusement, on ne le trouve que d’occasion sur internet ; on peut aussi noter qu’au vu des tarifs pratiqués pour ces occasions les livres de Pascal Sombardier sont un meilleur placement que les produits phares des institutions financières…). Malheureusement personne ne sait me répondre, et je m’en tiens à la photo que Guillaume m’a montrée il y a peu et où l’on voit la face du Ferrand bien déneigée en apparence.
Au delà du col de Charnier le calme presque complet revient et je monte tranquillement. Je finis par croiser un dernier randonneur en arrivant sur le haut du vallon Froid et comme il descend du Ferrand je lui pose aussi ma question. Il me confirme qu’il n’y a plus de neige sur le parcours et il me précise un peu où serpente la voie normale.
J’atteins mon lieu de bivouac un peu après 15h, juste sous la crête où les aplats herbeux sont nombreux. Je plante la tente en même temps que les derniers rayons de soleil me quittent. Heureusement que je suis parti assez tôt ce matin car je n’ai finalement pas beaucoup de temps pour flâner.
Dès le bivouac installé je file sur la crête et je monte tranquillement vers la Tête de Vallon Pierra, en faisant pas mal de pauses photo au gré des envies. Il y a tout de même un peu de vent mais autrement, quelle douceur incroyable pour la saison et cette altitude !
Les derniers rayons de soleil sont contrariés comme souvent par des voiles nuageux qui bordent l’horizon, mais ces mêmes voilent s’illuminent d’un rouge intense une fois le soleil couché qui éclaire le Ferrand d’une jolie teinte rosée. Je scrute attentivement le versant du Ferrand qui est impressionnant vu d’ici ; je réalise avec la carte que mon bivouac est pile à mi chemin en distance entre le Ferrand et la Tête de Vallon Pierra, mais il y 350m de dénivelée pour le premier et 100m pour la seconde. Demain à l’aurore la pente à monter sera bien plus raide…
Je regagne mon bivouac heureux : l’objectif principal de la balade qui était de faire de belles photos du ferrand au coucher de soleil est atteint. L’inconvénient de l’époque est qu’il fait nuit à 18h, je me faufile rapidement dans le sac de couchage pour reprendre la lecture, et quel meilleur endroit que le Dévoluy pour lire le désert des Tartares ?
J’ai emmené pour l’occasion la petite flasque de Chartreuse et c’est sur cette note sucrée que je démarre la nuit.
Je suis réveillé vers 22h30 par des grondements sourds et l’inquiétude me gagne aussitôt : un orage ? Cela semble étonnant car le ciel semblait si pur, mais d’un autre côté ces grondements qui se répètent viennent bien de quelque part… Enfin leur régularité me fait penser à un feu d’artifice, mais je n’ai pas le courage et la curiosité de me lever pour m’en assurer (bien que le son étouffé ne vienne sans doute pas du coeur du Dévoluy, seule vallée que j’ai sous les yeux).
Cela faisait longtemps que je n’avais plus dormi aussi mal en bivouac, et je suis réveillé quand le la montre sonne à 5h45. Je me prépare rapidement et je sors : le ciel est parfaitement limpide, avec une Lune qui montre sa lumière cendrée et une planète qui brille intensément à côté.
Avec le faisceau de la frontale je monte rapidement pour récupérer la bande herbeuse qui permet d’éviter une partie du pierrier. Je continue la progression tranquillement et j’arrive aux premiers escarpements qui franchissent la barre rocheuse qui ceinture le bas du Ferrand. J’y vois diverses traces de peinture : c’est bon je suis sur la bonne piste. Quelques pas d’escalade facile permettent de franchir la barre. Je ne vois rien de très flagrant au-dessus aussi je poursuis la montée dans les gradins sur la gauche, dans le prolongement du couloir.
Seul bémol : j’imaginais qu’avec la fréquentation les gradins seraient bien déblayés mais ce n’est pas trop le cas, ils sont recouverts de quantité de petits éboulis.
La clarté du jour devient bien meilleure et je vois sur la droite l’arête qu’il me faut gagner, je la rejoins prudemment en prenant garde à tout dérapage éventuel.
Enfin j’y suis et je vois le final : assez impressionnant tout de même avec plusieurs ressauts assez exposés à franchir (du reste il y a un ou deux spits au-dessus de ces ressauts et avec des enfants je n’hésiterais vraiment pas à sortir le matériel d’assurage).
Je termine donc la montée avec une grande prudence et je parviens au sommet dans une douceur assez incroyable : à ce régime les petits résidus de neige au sommet ne devraient pas durer…
J’ai un peu d’avance sur le lever de soleil et je vois qu’il ne devrait pas être exceptionnel, quelques résidus nuageux barrant l’horizon.
Le soleil se lève assez timidement, le vent se renforce et je traîne un peu au sommet. C’est effectivement un joli belvédère sur le Dévoluy, le seul inconvénient étant qu’il domine tellement ses voisins immédiats que ça n’est pas très photogénique.
Je ne vois toujours personne en arrivée depuis le col de Charnier mais je commence à redescendre, souhaitant profiter du retour pour flâner de la Tête de Vallon Pierra à la Tête du Lauzon.
La descente au soleil me permet de mieux me rendre compte de la voie que la montée nocturne et il n’y a pas à dire, l’itinéraire n’est pas à sous-estimer à mes yeux, d’autant que l’on peut facilement faire partir des pierres. Je crains légèrement de retraverser les gradins recouverts d’éboulis pour atteindre le ressaut rocheux le plus bas quand je me rends compte que j’y suis : je réalise alors qu’à la montée je n’ai pas vu un gros cairn sur la droite à la sortie du ressaut.
Du coup le plus dur est fait et je ne tarde pas à regagner le haut de la bande herbeuse où je fais une petite pause : les vautours tournent à proximité, et cette fois des randonneurs entament la montée.
Je coupe pour rejoindre mon bivouac au plus vite et je range tranquillement les affaires, avant de remonter sur l’arête qui mène à la Tête de Vallon Pierra. Je redescends alors en suivant les crêtes vers la Tête du Lauzon (je repasse du coup à mon lieu de bivouac de 2008, moins bien placé que celui d’aujourd’hui), d’où je regagne le col de Charnier et le lac du Lauzon.
Il fait chaud et la fatigue se fait sentir : je m’allonge en enlevant la veste et après quelques pages de lecture je m’endors…
Des voix féminines à proximité me réveillent : un petit groupe passe et redescend le ravin du Fleyrard. J’ai envie de l’éviter pour ma part donc je remonte légèrement pour redescendre plus paisiblement vers le col de la Croix.
L’ambiance est toujours extraordinairement douce et je regagne sans problème la voiture.
Au final une randonnée faite à l’improviste un peu inespérée (jusqu’à la veille du départ, dans ma tête l’automne était fini et il fallait maintenant attendre la neige), mais je suis ravi d’avoir eu l’occasion de remonter là-haut.
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Vallon du Ferrand en Oisans, et vacances dans le Vercors

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Un petit retour sur les vacances de la Toussaint, avec principalement une randonnée à l’honneur : le vallon du Ferrand en Oisans, qui fut de loin la randonnée la plus marquante et qui a eu le plus de succès pour la famille.

Au départ nous étions presque au-dessus des résidus nuageux qui noyaient depuis le début de la semaine les Préalpes puis, si le soleil s’est montré capricieux par la suite, l’ambiance délicieuse du vallon du Ferrand a joué son charme.

Nous sommes redescendus notamment par l’échine du Praoua que nous avions parcourue avec les deux aînés il y a quelques années, et dont le final nous avait laissé de grands souvenirs avec une traversée à gué du torrent tumultueux suite à une erreur d’interprétation de la descente de ma part. Cette fois ci pas d’erreur : je n’étais plus parti la fleur au fusil et j’avais bien repéré à la montée l’endroit où il fallait revenir à la descente. Et cette échine, entre ciel et terre et qui reste au soleil alors que le vallon replonge vite dans l’ombre, a enthousiasmé tout le monde !

Quelques autres randonnées à noter dans le Vercors : un tour dans le cœur des Erges qui n’a pas eu de succès alors que j’avais sélectionné les plus beaux lapiaz, et une montée au plateau du Cornafion qui m’a fait réaliser que même le petit dernier était désormais capable de randonnées longues et sérieuses.

Et maintenant place aux photos, en commençant donc par le vallon du Ferrand en Oisans : Lire la suite

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A l’affut des cerfs sur les Hauts Plateaux du Vercors…

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Nous arrivons déjà presque mi-octobre et, aiguillonné par une question de Pascal, je réalise que je n’ai pas pris le temps une seule fois d’essayer d’écouter le brame des cerfs sur les hauts plateaux du Vercors cet automne, alors que j’avais quelques ambitions sur ce point en fin d’été.
Il y a certes des spots de brame très connus sur le Vercors mais ils ont l’inconvénient lié à l’avantage de leur notoriété : il y a en général la foule et cela casse un peu l’ambiance d’écouter le brame au milieu du va et vient des voitures…
Donc j’avais envie depuis assez longtemps d’écouter le brame dans la solitude des hauts plateaux. Il m’était arrivé régulièrement d’en entendre en me promenant dans les zones boisées entre la Coche et Carette, mais quelques indices glanés au fil de balades me donnaient à penser qu’il pouvait aussi y en avoir entre Tussac et le Jardin du Roi.
Direction le sud Vercors et Bénevise donc pour profiter de ce beau week-end annoncé.
En descendant samedi en fin de matinée l’ambiance reste très brumeuse pour la montée au col de Menée ; les feuillus déjà bien rouges ajoutent à l’aspect fantomatique de la scène.
Une fois passé le col de Menée, le ciel change complètement : le bleu prend nettement l’avantage, et c’est comme souvent un grand plaisir que de redescendre vers le Diois en longeant l’échine du rocher de Combeau.
Je me gare dans le village et démarre par le sentier qui mène à un belvédère sur le cirque d’Archiane. Autant sur les versants isérois du col de Menée les arbres avaient revêtus leur parure automnale, autant dans le Diois la végétation semble encore hésiter et se maintient dans l’entre deux : certains arbres sont déjà bien rouges mais bon nombre d’autres sont encore bien verts…
Le point de vue en question est plutôt sympa (indiqué au point 1160 sur la carte IGN), même si du haut des falaises de Tussac la vue est plus globale ; j’en profite pour pique-niquer en observant les nombreux vautours qui tournent au bord des falaises (juste au-dessus de moi en fait)…
Enfin je fais demi-tour pour récupérer la jolie sente qui permet de court circuiter la moitié de la vilaine piste qui monte à Tussac. Pas grand chose à dire de plus : il n’y a personne, la balade est belle et je débouche à Tussac avec une jolie lumière qui balaye la belle prairie.
Je fais une petite pause en profitant du banc de l’une des nombreuses cabanes du secteur (privées) puis je pars vers la Fistourle au bord des falaises pour voir le jour baisser sur le rocher de Combeau. Malheureusement de là-haut le rocher n’est plus très spectaculaire, trop écrasé par mon point de vue. Je file par les belles prairies pour rejoindre les falaises de l’autre côté qui auraient été finalement nettement plus photogéniques, mais le soleil bascule déjà sur l’horizon. Je tente quand même de descendre à toute vitesse sur une petite vire qui mène sous une belle falaise jaune creusée de grands porches mais c’est trop tard et plutôt que de risquer une chute dans ce terrain pas très commode, je me dis qu’il est plus sage de remonter tranquillement.
Du haut de la falaise le spectacle du jour qui baisse est joli tout de même du reste : les nuages lancent leurs assauts cotonneux et seuls les hauts sommets du Dévoluy émergent. Je me dis que j’aurais dû intervertir ma précédente sortie avec celle-ci : la lumière est superbe et avec la mer de nuages le spectacle devait vraiment être grandiose ce soir au pied du Grand Ferrand…
Enfin la nuit commence à tomber, j’attaque ma randonnée nocturne ponctuée de pauses pour bien écouter mais la déconvenue est grande : la forêt reste parfaitement silencieuse, aux abords immédiats mais même dans le lointain.
N’ayant plus d’espoirs je finis par me poser et c’est parti pour la nuit, sans histoires.
L’avantage de l’automne est que le réveil n’a pas besoin de sonner trop tôt ; je me lève tranquillement, toujours dans le silence complet de la forêt, et je gagne un point de vue. Les nuages rosissent intensément, c’est joli même si c’est aussi le signe d’un soleil vite contrarié ensuite. La mer de nuages continue manifestement de sévir sur le Trièves, les hauts sommets du Glandasse s’illuminent superbement quelques minutes avec une belle lumière jaune intense mais qui ne dure pas : les voiles nuageux contrarient vite la suite, même si le ciel globalement bleu laisse espérer une belle journée.
L’objet de mon bivouac étant raté (en partie : il reste quand même le grand plaisir d’être là un peu hors du monde), je poursuis sans attendre la randonnée en montant à la Croix du Lautaret. De là, la mer de nuages continue à me faire de l’œil et je me dis que le mont Aiguille est peut-être transformé en île avec les nuages, spectacle que je n’ai jamais vu. J’abandonne alors mon plan initial qui était de redescendre par le célèbre vallon du Marichaume dans lequel je ne suis jamais passé, avant de regagner le vallon par le pas de la Plane ou du Pastel et je me décide à filer jusqu’à la Tête Chevalière, qui n’est pas si lointaine.

Cela me donne en plus le plaisir de traverser le triangle magique à cette saison constitué de l’espace entre la Montagnette, la Croix du Lautaret et la Tête Chevalière : vaste espace de prairies assez planes et dénudées, dans leur parure dorée automnale.
La fatigue se fait sentir pour la montée vers la Tête Chevalière mais je finis par y arriver avec une petite déconvenue : la mer de nuages est maintenant reculée derrière Chichilianne. Ce n’est pas dramatique, le paysage reste superbe tout de même et je n’arrive vraiment pas à me lasser de ce coin.
Quelques personnes discutent au sommet, je les salue et le leur laisse en filant aux abords du ravin des Arches où je me pose pour le pique-nique, en profitant de cette ambiance absolument paradisiaque. Je me remémore avec une certaine émotion les balades que j’ai pu faire dans le ravin avec François et Pascal (cf. fin de page) en redétaillant la succession de passages qui mènent à la pyramide terreuse qui trône au centre du ravin.
Enfin l’heure tourne, je suis allé pas mal plus au nord que je ne l’avais anticipé et le retour sera long. En repartant je discute avec un randonneur très affairé dans ses photos et nous partageons nos expériences sur ce secteur dont lui aussi ne se lasse jamais. En poursuivant l’échange je me rends compte que c’est Alain Herrault, une sommité locale en matière de photo de montagne, qui fait partie du collectif Diverticimes. Nous n’avions jamais eu vraiment le temps d’échanger un peu ; ça fait plaisir de voir en tout cas quelqu’un comme lui qui, malgré ses sorties innombrables, reste manifestement un passionné absolu !
Je poursuis la descente en longeant la crête du ravin des Arches, où un groupe nombreux arrive. En poursuivant vers le refuge de l’Essaure, des chevaux paraissent dans les prairies : spectacle toujours sympathique !
Enfin la descente se fait sans histoires : je termine finalement par la route du vallon de Combeau à pieds, qui m’offre ainsi quelques jolis point de vue sur le Rocher (alors qu’en voiture on passe trop vite), en empruntant notamment quelques portions de sentier qui mènent à de jolies clairières paisibles au pied du rocher…
Au final il faudra repasser pour le brame du cerf, mais vivre deux journées là-haut comme celles-ci aura vraiment été paradisiaque !
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Lac du Lauzon et Tête de Vallon Pierra : une sortie ratée…

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J’avais la possibilité de faire un bivouac ce week-end, et cette fois je me suis dit qu’il ne fallait pas le laisser passer.

Quelques hésitations néanmoins pour la destination : j’hésitais entre retourner dans le Dévoluy à la Tête de la Cavale qui est sans doute la balade la plus marquante que j’ai faite mais qui est aussi la dernière que j’ai faite dans le Dévoluy, un coucher de soleil à la Tête de Vallon Pierra que j’avais fait il y a longtemps, un bivouac sur les hauts plateaux pour repérer des coins de brame comme c’est ce que je voudrais observer pour la suite de l’automne et rien : j’en suis presque inquiet mais j’ai eu un peu de mal à me motiver…

Au final j’ai opté pour la Tête de Vallon Pierra, en me disant qu’au pire je pourrais toujours changer d’avis sur la route. En passant le col du Fau, la plaine du Trièves s’est dévoilée et je me suis dit que c’était le bon choix : le haut de la crête du Dévoluy était dans les nuages mais les aiguilles de la Jarjatte étaient à peu près dégagées et c’était bien bleu plus au sud. Cela correspondait d’ailleurs aux dernières prévisions de Caplain : il valait mieux aller vers le sud, et il risquait de faire froid.

Au parking (Saboyer à la Jarjatte), j’ai été frappé par le vent froid, particulièrement fort, et je me suis dit que j’avais sans doute eu une bonne inspiration de ne pas retourner à la Cavale, qui aurait été intenable.

J’ai croisé les premières personnes au col de la Croix où le vent tempétueux m’a accueilli : tout le monde était emmitouflé dans ses vestes, avec la capuche… J’ai poursuivi la montée (je ne me souvenais plus qu’il y avait autant de dénivelée) puis je suis arrivé au lac du Lauzon, où j’ai eu la grande chance de trouver quelques rayons de soleil. Le Rocher Rond était à peu près dégagé par moments mais les crêtes plus hautes restaient complètement cachées dans les nuages…

Il était 15h30, j’en ai profité pour grignoter le pique-nique en me mettant autant que possible à l’abri du vent.

Puis j’ai repris la montée vers le col de Charnier d’où la vue se dégage sur l’intérieur du Dévoluy. C’était bien plus riant par là et en regardant la carte j’ai hésité un moment à viser une nuit à la cabane du Chourum Clot (mais je ne savais pas si c’est une cabane ouverte comme dans le Vercors, ou non) ; et puis n’étant pas un grand connaisseur du massif et n’ayant pas anticipé les choses, je ne voyais pas d’itinéraire intéressant et flagrant à faire ainsi…

Du coup j’ai poursuivi dans mon idée initiale : prendre la sente vers Clos Rognon puis monter en haut du vallon Froid, vers 2400m pour poser le bivouac avant de filer à la Tête de Vallon Pierra pour le coucher de soleil.

Sur le sentier en direction de Clos Rognon, le soleil a de nouveau fait de temps en temps de belles percées qui donnaient de beaux éclairages furtifs sur les montagnes majestueuses environnantes ; le genre d’ambiance qui me plaît bien, le seul bémol venait encore du vent froid qui soufflait toujours en fortes rafales.

En remontant le vallon Froid, je n’ai pas tardé à être happé par la brume : j’ai poursuivi en me disant que quitte à être là il aurait été dommage de ne pas continuer, mais je commençais à avoir des très gros doutes sur la possibilité d’avoir une amélioration en fin de journée.

Sur le haut du vallon, il y avait de nombreux emplacements de bivouac assez confortables ; la vraie problématique étant de pouvoir installer la tente correctement par rapport aux rafales de vent principales, et de ne rien laisser s’envoler.

Il était un peu plus de 18h, j’ai gagné la crête (ce qui fut un peu laborieux : le brouillard m’avait désorienté et j’ai commencé par attaquer frontalement la pente de Ferrand…) et de là j’ai gagné assez facilement le sommet de la Tête de Vallon Pierra.

Les conditions restaient dantesques, avec les rafales qui me déséquilibraient régulièrement (du bon côté…) et le brouillard qui restait omniprésent. J’ai voulu prendre une photo de l’ambiance et je me suis aperçu que la lentille commençait à bien givrer donc j’ai rangé l’appareil ; un peu plus haut, les moindres brins d’herbe étaient aussi couverts de givre.

Le sommet est arrivé ; je me suis dit que je n’allais jamais tenir la demi-heure jusqu’au coucher de soleil mais heureusement, il y a au sommet un tout petit ranc avec un renfoncement qui était abrité donc j’ai pu m’y blottir pour attendre.

Au départ j’ai eu l’impression que le ciel bleu n’était pas loin de moi quand je regardais au zénith (je me suis dit que si Pascal avait été là, il n’aurait pas manqué de me dire que ça allait se dégager dans les cinq minutes à venir) mais plus le temps est passé et plus le brouillard m’a semblé s’épaissir.

Vers 19h45 je me suis dit que c’était mort et j’ai entamé la descente, pendant laquelle j’ai réfléchi : le gros intérêt de cette balade était le coucher de soleil, et maintenant qu’il était foiré je pouvais rester pour la nuit puisque tout était prêt et que j’avais fort heureusement prévu les affaires pour faire face à des conditions froides, mais je savais parfaitement que je n’allais pas fermer l’œil de la nuit avec une telle soufflerie s’abattant consciencieusement sur la tente sans relâche.

Je n’ai pas tardé à me dire que le lever de soleil ne vaudrait pas l’effort de cette nuit infernale et la décision fut vite prise : je rentre… J’ai replié rapidement les affaires (j’ai mis en vrac dans le sac la toile de tente déjà toute givrée pour qu’elle ne risque pas de s’envoler) puis j’ai entamé la descente sans traîner.

Je craignais en effet de me retrouver à la nuit noire dans le brouillard dans le vallon Froid où les sentes ne sont franchement pas nettes (il n’y avait pas de vrai danger comme j’avais de quoi bivouaquer mais tant qu’à faire, je préférais éviter d’errer 2-3h dans la nuit pour rien). J’ai pu descendre assez vite une bonne partie puis le terrain a changé et j’ai senti que je remontais doucement mais sûrement en plein flanc de la Tête de Vallon Pierra : je n’étais pas passé par là à l’aller et je me souvenais de ma balade de 2008 qu’il y avait une quantité de petites sentes (sans doute les chamois) qui striaient péniblement les pentes de la Tête.

Vite demi-tour, en profitant encore d’un peu de clarté dans le brouillard (j’ai pesté d’ailleurs car le brouillard était bien descendu depuis mon passage un peu plus tôt dans l’après midi) puis j’ai enfin fini par retrouver les passages plus faciles qui mènent au Clos Rognon.

Une fois là un gros changement : j’étais globalement sous le brouillard donc ça devenait plus simple (d’autant que la sente devient bien plus marquée) mais la nuit commençait à bien s’installer. Je suis arrivé néanmoins sans soucis au col de Charnier d’où j’ai regagné le lac du Lauzon.

De là j’ai eu la flemme de remonter pour le retour au col de la Croix donc j’ai pris le sentier du ravin du Fleyrard : raide et désagréable au possible, et j’ai fait au moins cinq ou six bonnes glissades dans la caillasse : heureusement le sac a amorti l’essentiel !

Je suis enfin arrivé à la cabane : les panneaux GR indiquaient deux directions (ce qui correspondait à la carte) mais sur le terrain je n’en voyais qu’une, que j’ai prise pour la sente supérieure qui ramenait aux abords du col de la Croix et que je ne voulais pas prendre. Il m’a finalement semblé en voyant quelques traces de peinture qu’il fallait suivre le lit du torrent qui dévalait la pente. Ca n’était pas trop difficile en dehors de pas mal de passages à gué dans les rochers, mais j’étais quand même un peu inquiet car je me suis dit assez vite que ça n’avait tout de même pas la tête d’un sentier, et si je me fourvoyais vraiment ça n’allait pas être une partie de plaisir de tout remonter à cette heure-ci…

Heureusement j’ai fini par déboucher sur une excellente piste siglée du logo GR : je m’étais donc bien planté au départ mais j’avais enfin retrouvé le bon sentier, que j’ai pu suivre sans histoires jusqu’au parking.

Retour finalement à la maison vers minuit et demie, avec un peu de frustration mais pas trop : je me suis dit qu’au moins là j’allais finir par une bonne nuit !

C’en est peut-être fini maintenant pour les balades « photos » cet automne, je donnerai maintenant la priorité au brame…

Place aux quelques photos de la balade : Lire la suite

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