Grand Som par la Suiffière

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Et bien enfin ça y est : première randonnée en 2013 avec un vrai parfum de montagne estivale. Il était temps, nous sommes le 30 juin.

Je m’aperçois que souvent mes récits commencent par un long préambule de considérations météo et d’hypothèses donc je vais essayer d’abréger tout ça à l’avenir.

Ce qui est sûr, c’est que j’en avais un peu ma claque des bivouacs après notamment celui de la semaine dernière donc j’ai préféré m’en tenir à une balade à la journée ce dimanche. Bien m’en a pris car le samedi a encore été lugubre et maussade (au passage, devant passer dans Grenoble pour récupérer un sac à dos, j’ai ajouté à mon patrimoine touristique la découverte des si fameux bouchons grenoblois : 1h30 pour faire les 2 kms qui permettent à l’autoroute qui aboutit en centre ville de passer par le goulot d’étranglement du pont sur l’Isère)…

J’avais également envie de changer un peu du Vercors. J’ai notamment envie de découvrir Belledonne où je n’ai jamais mis les pieds mais avec cet hiver à rallonge je crains les vieux névés en neige pourrie de partout, donc exit Belledonne pour l’instant. Le Dévoluy : un massif qui me plaît énormément mais c’est loin, et je ne voulais pas rentrer trop tard. Tout à coup l’évidence m’a sauté aux yeux : le Grand Som en Chartreuse. Dans le fond je connais peu ce massif (du Vercors c’est loin et casse pieds avec Grenoble à traverser) mais là ça collait bien : pour le retour sur Lyon ça ne serait pas trop loin justement. Pour l’itinéraire c’était une évidence aussi : suivre l’arête de la Suiffière selon le topo n°12 du livre de Pascal Sombardier « Chartreuse Vercors les randonnées du vertige ». Cette balade faisait vraiment partie de celles qui me tentaient bien : facile, et les photos du livre montraient une arête élégante et raffinée qui faisait envie. Et puis je n’avais jamais eu l’occasion de faire l’un des grands sommets de Chartreuse (Chamechaude, Dent de Crolles ou Grand Som).

Départ de la Coche, petit hameau plutôt mignon d’où une piste s’élève en forêt jusqu’à atteindre une autre piste balisée qui vient de la Diat. Petite surprise : je croise pas mal de monde en train de courir, ça me change des Hauts Plateaux du Vercors ! En rejoignant la piste balisée ça n’arrête plus et cette fois je comprends en voyant aussi des rubalises de partout : c’est une course de trail. Bon là c’est clair, il faudra monter en oubliant le « o beata solitudo » des moines… Passé le habert du Plat la piste se redresse nettement, en même temps qu’elle devient beaucoup plus humide : ce mélange permet d’obtenir un bon 200m de dénivelée boueuse à souhait. Les trailers qui la descendent ont chacun leur méthode : du ski à la luge (tout ça dans la boue bien entendu). J’avoue que les voir ainsi me laisse songeur : c’est clair que ça n’est pas pour moi !

Au col du Frénay tout change heureusement : le sentier redevient normal et les prairies d’altitude apparaissent. De plus les trailers viennent du col de Mauvernay donc nos chemins se séparent. Je monte vers le Pas de la Suiffière (en voyant la falaise devant moi je peine à comprendre où le pas peut bien passer) ; tout à coup je vois : le sentier repart en arrière vers une faiblesse après avoir contourné une barre rocheuse.

De là une bonne trace (et bien balisée avec de vieilles flèches rousses et des points oranges fluo flambants neufs) monte le long de l’arête. Ce n’est pas vraiment difficile mais il faut mettre les mains régulièrement (je comparerais un peu ça avec le final du roc Cornafion, en moins vertigineux). Le sentier est agréable (bien que là aussi beaucoup de monde fréquente l’arête) et après le petit raidillon final je débouche au sommet.

Il y a du monde sans que ce soit la cohue comme au Charmant Som, je profite de la prairie plutôt agréable pour faire quelques photos (certains montent sur le haut de la croix pourtant élevée ; il y a aussi enfin pas mal de fleurs comme les trolles). Seul regret : sur le versant ouest les nuages sont présents en force et ne se dégagent pas : j’aurais pourtant été curieux de voir le monastère de là-haut. De même j’aperçois les crêtes de Malissard et du Fouda Blanc complètement prises dans les nuages.

Enfin l’heure tourne, il est temps de redescendre. Je continue à suivre sagement le topo en prenant le Racapé. C’est peut-être finalement le passage que j’ai trouvé le plus impressionnant : sur la fin on domine quand même une belle barre rocheuse et la descente est bien raide (avec des enfants mieux vaut les assurer ; il y a des câbles métalliques en bon état tout le long du passage).

Du col des Aures la descente se fait dans les bois par de nombreux lacets : heureusement ces derniers n’étaient pas trop boueux, je n’aurais pas apprécié de redescendre par le col du Frénay. Au retour juste avant la Coche le sentier qui longe le torrent est bien agréable (dommage juste que la route soit si proche).

Dernière chose à noter : une fois récupérée la voiture il fallait rentrer. J’avais en tête que la route de Saint Laurent du Pont était fermée pour un bout de temps pour des gros travaux donc je me suis dit : « je vais ruser en passant par les Echelles ». Sauf qu’arrivé à St Pierre d’Entremont j’ai vu que la route des Echelles était fermée ; et au final je suis passé par Chambéry avec une consolation : voir la face nord du Granier (et avec le soleil en plus) !

Bref une sortie que j’ai trouvé quand même moins belle que le sangle de Fouda Blanc avec ses lignes si pures, mais en tout cas ce fut un vrai plaisir d’avoir enfin pu goûter à la montagne d’été !

Peu après le départ, les premiers nuages enserrent les sommets.

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En forêt, en route pour la Suiffière.

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Le habert du Plat.

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Les trailers en action !

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Après le col du Frénay, la vue se dégage.

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Le Pas de la Suiffière doit être par là, mais où ?

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En fait il contourne astucieusement une grosse barre rocheuse (ne pas tomber) !

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Le pas de la Suiffière.

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De là l’arête de la Suiffière se dévoile rapidement, jusqu’au sommet du Grand Som.

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L’un des derniers escarpements.

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Un aperçu de l’arête dans le sens de la descente.

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La large prairie sommitale.

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Pas mal de va et vient au sommet.

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Enfin des champs de trolles en fleur !

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Descente vers le Racapé.

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Premier couloir, débonnaire.

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Puis arrive une partie plus raide, et surtout plus exposée.

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Au col des Aures.

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La Coche.

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En rentrant, un aperçu de l’imposante face nord du Granier.

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