Aux alentours de Pré Peyret, en ski de randonnée nordique

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Après ma première grosse sortie en SRN la semaine dernière, j’avais bien envie de remettre ça pour profiter de la neige tombée cette fin de semaine. J’avais en revanche pas mal de contraintes ce week-end ce qui m’a conduit à me contenter d’une balade à la journée ce dimanche.

Je n’ai hélas pas pu partir très tôt donc je suis arrivé au col du Rousset un peu avant midi. Comme la semaine dernière, pour éviter le trafic vers les stations de ski j’ai préféré passer par Valence et la jolie vallée de la Drôme. Je m’en suis bien sorti car il y avait une course cycliste, la « Drôme classic », et il valait mieux éviter le peloton à en juger par le nombre de spectateurs et de gendarmes présents. J’ai constaté aussi en passant Crest que les nuages étaient quand même assez présents (les crêtes de la forêt de Saou étaient bien encombrées) ce qui laissait bien des incertitudes sur les crêtes du Vercors. Cette fois j’ai pris un peu de temps pour profiter des jolis petits villages dans la vallée, notamment Pontaix qui semble particulièrement intéressant (un petit air de Pont en Royans, en plus beau).

Enfin je suis arrivé dans la plaine de Die : le Glandasse étincelait au soleil en dominant les nuages, mais les crêtes autour du Rousset étaient prises dans la brume. Tant pis c’est là que je montais, mais j’étais quand même confiant comme les nuages étaient loin d’occuper tout le ciel.

Je débouche donc au col du Rousset, dans le brouillard, et avec beaucoup de monde et de voitures partout à la station de ski. Je poursuis sur la route enneigée jusqu’au parking de la montagne de Beure.

Un petit peu avant midi je chausse donc les skis et c’est parti. Il faut noter qu’il y avait une trace bien damée tout confort car ce dimanche avait lieu la « TransVercors », course de ski de fond qui reliait le col du Rousset à Bois Barbu en passant par les routes qui dominent la vallée de la Vernaison. Montée sans histoires donc, dans une ambiance feutrée avec le brouillard. Il n’y avait pas foule mais quelques skieurs de fond ou raquettistes ici et là.

Une fois parvenu sur les hauteurs de la montagne de Beure, je suis arrivé à LA difficulté de la balade, l’équivalent du « crux » d’une voie d’escalade. J’avais eu beau retarder autant que possible de penser à ce moment, les petites descentes qui s’amorçaient dans le brouillard me montraient bien que j’allais arriver maintenant à la descente du pas des Econdus…

Comme il y avait de la belle neige fraîche, et qu’il y avait aussi une belle trace damée pour la course de ce matin, je me suis dit que je ne pouvais pas tricher : il fallait descendre ça sans les peaux. J’ai dépassé des ultimes raquettistes avant de sentir la pente se raidir dans la brume. Ils m’ont demandé « on arrive au pas des Econdus ? » « oui il semble bien, et ça tombe bien que je sois devant vous car ça risque d’être la boucherie ».

Je me lance donc, arc bouté sur les carres pour mon chasse neige (au final c’est peut-être la vraie difficulté du SRN par rapport au ski alpin : dans les passages raides on a rarement assez de largeur pour faire des virages qui freinent efficacement ; donc sur pas mal de descentes je dois me contenter du chasse neige, certes simple mais freinant d’une façon limitée et assez fatigant). Je tombe deux fois déséquilibré par quelques accumulations de neige, et après un raidillon je m’aperçois que je suis au pas, où il y a d’ailleurs quelques autres skieurs. Finalement je suis plutôt content, ça n’était pas si long et terrible que ça. Il y avait d’ailleurs trois fondeurs derrière moi et je vois l’homme qui descend le pas avec une maîtrise parfaite ; il n’y a pas à dire il y a des anciens qui ont du bagage ! Enfin je suis content, c’était presque un rite initiatique, je me sens enfin vraiment un homme…

Trêve de considérations philosophiques, je ne tarde pas à quitter la piste damée de la course pour m’engager dans Combe Male, en suivant les skieurs trouvés au pas. C’est joli et tranquille, et on voit que le brouillard s’éclaircit sensiblement, même si le ciel bleu se laisse désirer.

Une fois franchie la crête qui permet de redescendre vers Pré Peyret ça y est : les nuées se déchirent enfin, le ciel bleu et le Veymont se dévoilent. J’en profite pour faire une bonne pause et manger. Je réalise que je suis bien chanceux d’être là car les brumes sont quand même bien envahissantes, elles recouvrent quasiment toutes les crêtes en dehors du Veymont et de l’Aiguillette ; vers le sud ça semble un peu mieux aussi, Tourte Barreaux surnage aussi bien que possible dans les déferlantes de brume.

Ayant encore du temps devant moi je descends vers la Grande Cabane qui était un peu mon objectif du jour. L’ambiance est superbe, il n’y a personne et de la neige vierge à perte de vue. Je retrouve une trace au bout d’un moment qui me facilite un peu la progression mais néanmoins je constate que le GR91 n’est quasiment pas tracé en direction du nord, donc ça me promet encore pas mal de brassage. Je me dis que plutôt que de forcer jusqu’à la Grande Cabane et rentrer de nuit ce qui risque d’être une bonne bavante, j’ai intérêt à faire demi-tour maintenant pour profiter des belles couleurs éventuelles du coucher de soleil depuis la crête qui descend de la Tête du Faisan.

J’y arrive et patiente un peu mais hélas un voile nuageux arrivé de l’ouest s’étend et cache le soleil pour la fin de journée. Tant pis, je n’aurai pas été très chanceux ces deux week-end avec les belles lumières mais j’aurai quand même bien profité de la montagne, ce qui n’était pas gagné d’avance.

Je redescends donc sur l’autre versant de Combe Male alors que la luminosité baisse (je ne les liste pas toutes mais je me suis pris encore quelques gamelles dans la poudreuse) puis je retrouve la piste damée qui m’amène rapidement au pas des Econdus.

Il fait maintenant plus froid avec l’obscurité qui est tombée donc la piste est plus dure. Ça devient vite fastidieux de remonter le pas des Econdus en canard donc je préfère mettre les peaux, que je garderai jusqu’au bout. J’avance tranquillement puis avant d’entamer les descentes plus marquées j’allume la frontale. Pour la fin de parcours les skis auront vraiment tout leur intérêt : la piste fastidieuse qui ramène au parking est avalée en quelques minutes !

Une petite vidéo de la balade (3’17) :

Et maintenant place aux photos :

Pontaix, dans la belle vallée de la Drôme.

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Ambiance sur la montée de la montagne de Beure.

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Arrivés à Combe Male, ça se dégage un peu.

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Et puis sur le haut ça se dégage franchement, c’est superbe !

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Belle ambiance !

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Les crêtes restent bien encombrées mais le Veymont émerge.

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Je descends tranquillement en direction de la Grande Cabane, dans ce panorama immaculé.

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Le brassage impose un rythme assez lent et je finis par préférer remonter attendre le coucher de soleil sur les pentes de la Tête du Faisan.

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Sculptures de neige.

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La plaine de Pré Peyret.

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Pas de belles dernières lueurs, le soleil se voile.

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Le niveau de la neige à Combe Male.

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Enfin reste une bonne remontée du pas des Econdus, puis de belles descentes jusqu’au parking de la montagne de Beure.

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3 Responses to Aux alentours de Pré Peyret, en ski de randonnée nordique

  1. gerard lagrange dit :

    merci pour ces videos, belles photos et les recits concernant le sud vercors.
    cela me rappelle quelque randonnees avec les ski de fond (bivouacs, ou cabannes) dans ce secteur extraordinaire. que de souvenirs! c etait il y a une 20 annees.

  2. Merci, et tant mieux si ça fait revenir de bons souvenirs !

  3. Excellent boulot Cédric. Tes vidéos ont du de demander du temps et des allers retours. Serais-tu prêt à une petite interview pour montagn.com sur tes débuts en SRN ?

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