Basse du Gerbier – rebelote !

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J’ai eu un mal fou à me motiver pour faire cette sortie alors que je rêvais de ces belles conditions sur les Aiguilles d’Arves depuis bien longtemps… Seulement j’étais venu ici il n’y a guère plus d’une semaine, et je n’avais pas fait d’autres balades depuis.

J’étais donc largement plus partant pour aller tenter une nuit d’écoute du brame sur les hauts plateaux du Vercors, voire aller faire un petit tour sur la crête pour repérer où sont les bouquetins, mais un petit rhume s’est invité en fin de semaine et je me suis dit que je risquais de ne plus avoir la discrétion requise pour la faune. Qui plus est, en discutant des projets du week-end avec un ami, celui ci me fait remarquer que ces conditions météo exceptionnelles pour une mi-octobre ne se reproduiront peut-être pas ; l’occasion est quand même rêvée de pouvoir poser ce bivouac à 2600m à la Basse du Gerbier dans des conditions quasi estivales.

Donc tant pis, je force ma nature et je repars pour cette balade une deuxième fois de suite : il ne reste qu’à espérer que cette fois la météo tienne le temps prévu !

Me revoilà donc au départ des hauteurs du Chalmieu ce samedi matin, avec des températures encore incroyablement douces et un ciel parfaitement pur.

Lors de mon dernier passage, la cabane du Pré Naret m’avait attiré l’oeil mais j’avais eu la flemme de m’engager dans les ravines pour y parvenir, craignant d’y laisser trop de temps. Cette fois les chalets m’attirent l’oeil à nouveau mais pour varier de la piste je fais l’effort d’y aller, et cet effort en vaut la peine : je pique-nique au calme, avec une vue superbe de Belledonne aux massifs plus au nord (qu’il faudra que j’apprenne à identifier)…

Ensuite plutôt que de revenir sur mes pas pour récupérer la piste, je suis une trace dans les alpages qui me ramène directement au Plan Mortan et aux chalets du Verdet, moyennant le franchissement de plusieurs ravines et passages à gué sans difficultés.

Enfin je récupère la piste au niveau du Pré Valloire et c’est parti pour la montée ; mine de rien j’ai laissé filer pas mal de temps au départ donc je ne flâne pas, je vois que déjà les ombres s’allongent…

Je croise pas mal de monde qui redescend ce qui me fait apprécier d’autant plus ma formule bivouac : avec une journée pareille il devait y avoir foule aujourd’hui !  Une fois franchie la passerelle du point 2108 il n’y a quasiment plus personne et j’attaque la montée proprement dite, toujours dans une grande douceur. Peu avant l’arrivée à la Basse du Gerbier je croise un chasseur qui redescend, fusil à lunette sur l’épaule ; le dernier bipède du jour. Enfin j’en termine avec ma marche forcée, il est 17h et c’est une grande satisfaction de voir que le ciel est toujours bien bleu cette fois, avec les Aiguilles d’Arves sous le soleil ! Différence notable avec la semaine dernière, les troupeaux ont à peu près tous quitté les estives et il n’y a plus de chevaux pour m’accueillir là-haut.

Je fais un petit tour sur la crête en direction du Gros Crey mais je ne m’attarde pas car je vois quand même quelques bancs nuageux qui approchent du sud et je me dis que ce serait dommage de ne pas pouvoir profiter de ces belles conditions pour une photo au pied des aiguilles. Donc je repars vers la Basse du Gerbier et je profite de ces conditions superbes. Je pensais au départ peut-être bivouaquer au Gros Crey mais je me dis que ce serait trop bête de s’éloigner des aiguilles et je pose le bivouac sur un replat quasiment au point 2578. Le soleil baisse, les teintes sont chaudes et se marient à merveille avec l’herbe dorée : un vrai plaisir de flâner là ! Puis mon bivouac passe à l’ombre et quelques minutes après les Aiguilles d’Arves s’éteignent aussi. J’imagine un sommet mal placé à l’horizon devant le soleil ou une dernière attaque vengeresse des nuages… J’entame le grignotage du dîner mais quelques minutes après le soleil revient sur les Aiguilles, qui se parent d’un rouge étincelant et vif pendant quelques minutes !

Enfin elles s’éteignent pour de bon mais je suis comblé : je ne sais plus depuis combien de temps j’attendais d’aussi belles conditions pour un coucher de soleil mais ce qui est sûr, c’est que ça faisait bien trop longtemps !

Une fois le soleil parti l’ambiance se rafraîchit quelque peu, même si ça reste incroyablement doux pour la saison, et bien plus chaud que la semaine dernière en n’ayant plus à subir le vent tempétueux. Un renard aboie dans le crépuscule aux environs des premiers pierriers qui montent aux Aiguilles mais je n’arrive pas à le repérer ; je me dis que j’aurai peut-être une visite cette nuit…

Les derniers petits nuages rosissent puis c’est parti pour la nuit, je me faufile dans le duvet (j’ai même tenté le bivouac avec le duvet d’été de 500g et finalement j’ai eu moins froid qu’à la Dent de Crolles fin juin) pour une nuit plutôt mauvaise, comme souvent (il faut dire aussi qu’à cette saison la nuit dure pas mal plus longtemps)…

Le lendemain vers 7h30 la clarté inonde la tente et je passe la tête à travers l’auvent : le soleil ne devrait plus trop tarder, même si je sais que sur ma crête dominée par les imposantes Aiguilles d’Arves à l’est le clou du spectacle était forcément hier soir. L’ambiance est quand même bien agréable et je vois tout à coup la face de l’aiguille méridionale qui se teinte de rouge : ça y est les sommets alentour devraient bientôt s’éclairer les uns après les autres. Le Pic de l’Etendard s’allume rapidement, puis les sommets de Belledonne, alors que ce sera plus tard pour le Pic du Mas de la Grave.

Puis je vois la crête du Gros Crey qui passe au soleil alors que là où je suis je me dis que j’en ai encore pour un moment à l’ombre donc je replie les affaires (rapide car il n’y a pas une goutte de rosée) et je file vers les rayons dorés du soleil. Je contourne la pointe 2569 en suivant la trace au mieux, qui passe un court moment au-dessus de bonnes ravines terreuses peu engageantes : le genre de terrain où le piolet ferait merveille, mais heureusement ce n’est pas bien long et le passage laisse quelques traces de pas ici et là où l’on se sent plus en confiance. J’arrive au collet 2513 et en regardant le Cros Crey, je vois du mouvement. Je sors le téléobjectif et bien que l’animal soit loin, il me semble bien apercevoir un renard. Je n’ai quasiment aucune chance de le surprendre dans ces pentes d’herbe rase mais par chance il semble plutôt occupé vers l’autre versant donc je remonte aussi doucement que possible. Voici le sommet, l’animal est de l’autre côté depuis un moment mais j’avance maintenant courbé vers l’autre versant, tout doucement, et j’aperçois alors à quelques mètres un peu caché par les herbes en contrebas un dos poilu, bien plus sombre et imposant que celui d’un renard… Je me redresse un peu pour mieux l’apercevoir et il lève aussi la tête : c’est un chamois, qui ne tarde pas bien sûr à prendre sa distance de sécurité avec le congénère qui l’accompagnait…

Bon la séquence faune étant terminée je songe au retour, et je me dis que je descendrais bien en passant par la croix du Crey Aigu pour varier le parcours. De là où je suis la descente à la croix est parfaitement simple et évidente, mais je me pose beaucoup plus de questions sur le plateau tout en bas, d’où la carte m’apprend qu’il y a au moins trois torrents à franchir. De là-haut tout semble simple mais je sais qu’en bas ça peut vite devenir beaucoup plus pénible et fatigant avec ces barrières naturelles pas forcément simples à franchir. Donc tant pis je n’ose pas me lancer et je reviens sur mes pas pour la descente dont il n’y a pas grand chose à dire… Sur le bas d’ailleurs, je tombe un peu au-dessus de Pré Valloire sur un petit panneau en bois qui indique « Crey Aigu 2h30 » donc flûte, il devait bien y avoir un sentier débonnaire ; je le saurai si je reviens pour varier la balade (je vois d’ailleurs sur les cartes IGN récentes que ce sentier est bien indiqué). Enfin me voilà de retour, heureux finalement d’avoir écouté les conseils et de ne pas avoir laissé passer cette occasion !

Au départ les chalets de Pré Naret sous la Grande Chible me font encore de l’oeil…

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Et effectivement le coin est tranquille et joli.

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Je poursuis vers les ravines imposantes qui descendent de la Roche du Bonhomme.

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Plusieurs petites ravines et gués à franchir, mais c’est plus ludique qu’autre chose…

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J’ai traîné un peu au départ, puis j’ai dû au contraire monter sans traîner pour ne pas arriver trop tard : me revoici donc à la Basse du Gerbier.

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Je fais un petit tour sur le départ de la crête qui mène au Cros Crey.

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Mais je vois des bancs de nuages au sud ouest qui pourraient perturber le coucher de soleil, je reviens sans tarder au pied des Aiguilles d’Arves. L’ambiance est superbe !

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Le bivouac est planté sur un petit replat parfait : le luxe !

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Vers le Gros Crey et le Mont Falcon : les ombres s’allongent !

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Instants délicieux sous les Aiguilles d’Arves.

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Puis ma crête passe à l’ombre, seuls les sommets restent éclairés.

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Après un intermède nuageux, le soleil revient pour le clou du spectacle.

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Au loin les petits nuages jettent leurs derniers feux.

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Il est temps de regagner la tente.

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J’ai toujours quelques difficultés avec les photos nocturnes…

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Le lendemain matin, le Pic de l’Etendard s’éclaire.

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Puis c’est au tour des sommets de Belledonne.

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L’ombre des Aiguilles d’Arves, comme un trident menaçant le paisible Agnelin…

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La crête du Gros Crey est au soleil : c’est très tentant !

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Les ondulations paisibles au sud ouest.

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Les ravines impressionnantes au nord est.

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Joli point de vue sur le Mont Blanc.

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Drôle d’oiseau devant le Pic du Mas de la Grave…

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Un renard au sommet du Gros Crey (la photo est juste pour dire : « je ne mens pas »)…

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… mais quand j’y arrive, je tombe sur deux chamois !

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La ravine à franchir pour contourner l’éminence 2569.

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La descente vers le Crey Aigu bien tentante d’ici…

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Mais je n’ose pas et en descendant sur le sentier classique, je ne tarde pas à croiser les premières randonneuses du jour presque arrivées à la Basse du Gerbier.

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Il n’y a plus qu’à rentrer.

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3 Responses to Basse du Gerbier – rebelote !

  1. Belles images chargées de souvenirs, plus ou moins lointains. Merci Cédric

  2. Ping: Dent de Crolles, sangle de la Barrère | Montagne et photographies

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