A l’affut des tétras lyres – épisode 5 : cette fois c’est le dernier !

DSC_5507_20150528_080008  C1 L’affut du week-end précédent était censé être le dernier de la saison, mais son final tronqué continuait à me peser lourdement aussi la conjonction de deux jours de beau temps sans vent (surtout le matin ciblé), des RTT à solder et l’actualité plutôt calme au bureau m’ont motivé à remettre ça une nouvelle fois en cette fin de parade dans le Vercors.

Départ donc ce mercredi matin de la Richardière à Chichilianne. Il y avait évidemment bien moins de monde au Pas de l’Aiguille que le week-end dernier, et quasiment plus personne au-delà.

Il n’y a finalement pas grand chose d’extraordinaire à raconter par rapport à ma sortie du week-end dernier. En arrivant j’ai commencé par préparer l’affut dans l’éventualité d’une visite vespérale des tétras sur le site (mais de ses derniers passages Pascal avait observé qu’ils ne venaient plus, ce qui a bien été le cas). Je dois dire que mon affut était presque aussi beau que celui de Pascal, mais en revanche bien moins confortable : j’en ai fait une première version sous laquelle je n’arrivais même pas à me glisser, donc j’ai recommencé en essayant de surélever plus l’armature. Après pas mal d’efforts c’était mieux et acceptable mais ça restait bien austère tout de même : pas beaucoup de marge pour bouger l’appareil (rien que déplier le trépied n’a pas été simple) et je ne pouvais pas me mettre sur le dos. L’heure tournait donc je me suis dit que j’y survivrais pour 3-4 heures le lendemain et j’en suis resté là.

Je me suis positionné pour la nuit un peu moins loin de l’affut pour limiter la marche nocturne ; j’ai refait le trajet 2-3 fois pour bien mémoriser chaque pierre et buisson, puis j’ai tranquillement poursuivi ma lecture au soleil. La fin de journée fut quand même austère avec un vent assez froid.

Dans la soirée j’ai finalement regretté de ne pas avoir pris ma tente affut (plus lourde que ma tente légère monoplace) car je crois bien qu’un coucou est venu chanter dans les arbres juste à côté ; je n’ai pas essayé de le repérer car je me suis dit que ma sortie allait forcément provoquer sa fuite.

J’avais mis le réveil à 4h pour avoir plus de temps pour m’installer dans l’affut, au cas où je tourne un peu avant de retomber dessus et au cas où il faille remettre en place une branche ou l’autre (plus l’installation de l’appareil dans le noir, ce qui n’est pas simple).

Pas grand chose à signaler dans la nuit, en dehors du vent qui soufflait encore en fortes rafales. Je me suis réveillé à 3h et j’ai vu que le vent était complètement tombé comme annoncé par maître Caplain : parfait ! J’ai hésité à partir directement pour l’affut comme j’étais réveillé mais finalement son austérité m’a fait préférer de garder le confort du sac de couchage encore un peu.

Il ne me semble pas m’être rendormi ensuite, puis le temps passait et il m’a bien semblé que la clarté dans la tente commençait à augmenter légèrement donc j’ai vérifié l’heure et horreur : 4h23 !! Le réveil sur la montre était pourtant bien activé donc soit il n’a pas sonné, soit il a sonné et je ne l’ai pas entendu en dormant trop profondément… De ce fait inutile de dire que je n’ai pas traîné pour mettre tous les vêtements et que j’ai filé vers l’affut, en appréciant bien d’avoir raccourci la distance de parcours. Qui plus est, j’ai trouvé l’affut directement et au final à 4h45 j’étais bien en place.

J’aurais bien refait quelques petits ajustements mais j’ai eu peur que les tétras soient déjà à côté et j’ai préféré rester parfaitement silencieux.

Puis à 5h quasi exactement, j’ai entendu plusieurs battements d’aile assez lourds de divers côtés et les « pchuuuit » ont commencé. Le départ a été mollasson d’ailleurs, je me demande s’ils n’étaient pas méfiants du fait de revoir l’affut. De mon côté j’ai continué à rester parfaitement immobile et silencieux jusqu’à 5h30 comme il faisait trop sombre : mieux valait les laisser s’habituer et se contenter de l’ambiance sonore (le chant en tant que tel a vraiment commencé vers 5h15 pour tous les tétras).

La suite a été plutôt tranquille et sympa : comme l’autre fois il y en avait un juste devant mon affut, un autre tout près et invisible (caché par les genévriers) sur ma droite, et plusieurs autres sur la gauche dont un dominant qui continuait à se défendre vigoureusement du chant de ses voisins, notamment avec son voisin de gauche. Parfois le tétras devant moi venait les rejoindre et ils se retrouvaient à des séances d’intimidation à quatre. L’affut de mon côté était tellement exigu que je ne pouvais pas mettre l’œil au viseur, et j’ai bien apprécié d’avoir l’écran orientable de l’appareil. L’inconvénient en revanche est que cette visée rendait la rafale de mon appareil absolument anémique et que je n’ai pas pu saisir les quelques moments de combat.

Le soleil s’est levé et cette fois j’ai pu profiter amplement de mes tétras au soleil, ce qui valait d’être revenu ! Vers 8h la parade est devenue plus désordonnée, avec quelques coqs qui alternaient les prises de bec et le repas voire la sieste, puis à 8h30 ils sont tous partis en même temps (je ne sais pas si je les ai gênés, à priori je n’ai pas fait de faux mouvement particulier mais en tout cas je n’ai pas repéré non plus de randonneur en contrebas). Après encore un peu d’attente, je suis reparti à mon bivouac pour me reposer et grignoter, puis je suis revenu enlever l’affut.

Comme il me restait pas mal de temps et qu’il faisait un temps superbe, j’ai poursuivi la rando en passant par la plaine de la longue Fissole pour aller jusqu’à la jasse des Fourmies que je ne connaissais pas : encore un coin plutôt sympa et perdu à souhait !

Puis je suis rentré tranquillement, non sans faire un peu de farniente au soleil au milieu de l’herbe grasse des champs de trolles, en face du Mont Aiguille : le paradis du Vercors printanier !

Cette fois j’en ai fini avec les tétras pour cette année ; je ne sais pas si j’aurai l’occasion de les revoir l’année prochaine mais ces balades auront vraiment été un grand plaisir pour lequel je remercie encore une fois Pascal. Ils vont me manquer maintenant ces gros pépères !

Voici une petite vidéo de la parade, toujours « brute de fonderie » pour préserver l’ambiance autant que possible.

Et maintenant place aux photos :

Belle ambiance à la Richardière, sous le Mont Aiguille. DSC_5104_20150527_103302  C1 DSC_5109_20150527_103557  C1 De jolis champs de trolles en débouchant au pas de l’Aiguille. DSC_5129_20150527_115314  C1 DSC_5143_20150527_115654  C1 Il est beau mon affut, mais bien moins confortable que celui de Pascal (qui était tout aussi beau)… DSC_5200_20150527_142334  C1 DSC_5217_20150527_143958  C1 Les belles narcisses sont maintenant en fleur sur le plateau. DSC_5222_20150527_150417  C1 DSC_5230_20150527_150706  C1 Premières prises de becs à l’aurore… DSC_5294_20150528_055437  C1 … dont l’issue n’est pas toujours glorieuse pour l’assaillant ! DSC_5309_20150528_061255  C1 Les regroupements des coqs alternent : chant chacun de son côté, intimidation, lutte… Comme l’autre fois un coq qui semble plus âgé et bagarreur est au centre, en conflit avec ses 3-4 rivaux immédiats pendant que d’autres se tiennent prudemment à l’écart. DSC_5313_20150528_061705  C1 DSC_5328_20150528_063712  C1 Le jour se lève, voici enfin l’heure que nous avons ratée l’autre jour. DSC_5336_20150528_064136  C1 DSC_5343_20150528_064458  C1 DSC_5354_20150528_065254  C1 DSC_5358_20150528_065346  C1 DSC_5364_20150528_065611  C1 DSC_5390_20150528_070325  C1 DSC_5401_20150528_070657  C1 DSC_5408_20150528_071142  C1 DSC_5422_20150528_071932  C1 DSC_5462_20150528_074202  C1 DSC_5466_20150528_074332  C1 DSC_5469_20150528_074551  C1 DSC_5473_20150528_074717  C1 DSC_5503_20150528_075945  C1 Règlement de comptes à OK Vercors, ce sera tout pour ce matin ! C’était magique encore une fois… DSC_5507_20150528_080008  C1 Quelques autres petits oiseaux, accenteur mouchet et traquet motteux à priori…  DSC_5258_20150527_180638  C1 DSC_5527_20150528_091619  C1 DSC_5532_20150528_104240  C1 Le Veymont, et Jasneuf. DSC_5546_20150528_115020  C1 La Jasse des Fourmies, perdue à souhait. DSC_5565_20150528_125352  C1 Plaine de la Longue Fissolle, sous la Tête des Baumiers. DSC_5580_20150528_134133  C1 Sur les hauteurs du Pas de l’Aiguille, avec toujours de beaux champs de trolles. DSC_5588_20150528_140826  C1 Retour à la civilisation et descente du pas de l’Aiguille. DSC_5609_20150528_142700  C1

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