Lac du Lauzon et Tête de Vallon Pierra : une sortie ratée…

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J’avais la possibilité de faire un bivouac ce week-end, et cette fois je me suis dit qu’il ne fallait pas le laisser passer.

Quelques hésitations néanmoins pour la destination : j’hésitais entre retourner dans le Dévoluy à la Tête de la Cavale qui est sans doute la balade la plus marquante que j’ai faite mais qui est aussi la dernière que j’ai faite dans le Dévoluy, un coucher de soleil à la Tête de Vallon Pierra que j’avais fait il y a longtemps, un bivouac sur les hauts plateaux pour repérer des coins de brame comme c’est ce que je voudrais observer pour la suite de l’automne et rien : j’en suis presque inquiet mais j’ai eu un peu de mal à me motiver…

Au final j’ai opté pour la Tête de Vallon Pierra, en me disant qu’au pire je pourrais toujours changer d’avis sur la route. En passant le col du Fau, la plaine du Trièves s’est dévoilée et je me suis dit que c’était le bon choix : le haut de la crête du Dévoluy était dans les nuages mais les aiguilles de la Jarjatte étaient à peu près dégagées et c’était bien bleu plus au sud. Cela correspondait d’ailleurs aux dernières prévisions de Caplain : il valait mieux aller vers le sud, et il risquait de faire froid.

Au parking (Saboyer à la Jarjatte), j’ai été frappé par le vent froid, particulièrement fort, et je me suis dit que j’avais sans doute eu une bonne inspiration de ne pas retourner à la Cavale, qui aurait été intenable.

J’ai croisé les premières personnes au col de la Croix où le vent tempétueux m’a accueilli : tout le monde était emmitouflé dans ses vestes, avec la capuche… J’ai poursuivi la montée (je ne me souvenais plus qu’il y avait autant de dénivelée) puis je suis arrivé au lac du Lauzon, où j’ai eu la grande chance de trouver quelques rayons de soleil. Le Rocher Rond était à peu près dégagé par moments mais les crêtes plus hautes restaient complètement cachées dans les nuages…

Il était 15h30, j’en ai profité pour grignoter le pique-nique en me mettant autant que possible à l’abri du vent.

Puis j’ai repris la montée vers le col de Charnier d’où la vue se dégage sur l’intérieur du Dévoluy. C’était bien plus riant par là et en regardant la carte j’ai hésité un moment à viser une nuit à la cabane du Chourum Clot (mais je ne savais pas si c’est une cabane ouverte comme dans le Vercors, ou non) ; et puis n’étant pas un grand connaisseur du massif et n’ayant pas anticipé les choses, je ne voyais pas d’itinéraire intéressant et flagrant à faire ainsi…

Du coup j’ai poursuivi dans mon idée initiale : prendre la sente vers Clos Rognon puis monter en haut du vallon Froid, vers 2400m pour poser le bivouac avant de filer à la Tête de Vallon Pierra pour le coucher de soleil.

Sur le sentier en direction de Clos Rognon, le soleil a de nouveau fait de temps en temps de belles percées qui donnaient de beaux éclairages furtifs sur les montagnes majestueuses environnantes ; le genre d’ambiance qui me plaît bien, le seul bémol venait encore du vent froid qui soufflait toujours en fortes rafales.

En remontant le vallon Froid, je n’ai pas tardé à être happé par la brume : j’ai poursuivi en me disant que quitte à être là il aurait été dommage de ne pas continuer, mais je commençais à avoir des très gros doutes sur la possibilité d’avoir une amélioration en fin de journée.

Sur le haut du vallon, il y avait de nombreux emplacements de bivouac assez confortables ; la vraie problématique étant de pouvoir installer la tente correctement par rapport aux rafales de vent principales, et de ne rien laisser s’envoler.

Il était un peu plus de 18h, j’ai gagné la crête (ce qui fut un peu laborieux : le brouillard m’avait désorienté et j’ai commencé par attaquer frontalement la pente de Ferrand…) et de là j’ai gagné assez facilement le sommet de la Tête de Vallon Pierra.

Les conditions restaient dantesques, avec les rafales qui me déséquilibraient régulièrement (du bon côté…) et le brouillard qui restait omniprésent. J’ai voulu prendre une photo de l’ambiance et je me suis aperçu que la lentille commençait à bien givrer donc j’ai rangé l’appareil ; un peu plus haut, les moindres brins d’herbe étaient aussi couverts de givre.

Le sommet est arrivé ; je me suis dit que je n’allais jamais tenir la demi-heure jusqu’au coucher de soleil mais heureusement, il y a au sommet un tout petit ranc avec un renfoncement qui était abrité donc j’ai pu m’y blottir pour attendre.

Au départ j’ai eu l’impression que le ciel bleu n’était pas loin de moi quand je regardais au zénith (je me suis dit que si Pascal avait été là, il n’aurait pas manqué de me dire que ça allait se dégager dans les cinq minutes à venir) mais plus le temps est passé et plus le brouillard m’a semblé s’épaissir.

Vers 19h45 je me suis dit que c’était mort et j’ai entamé la descente, pendant laquelle j’ai réfléchi : le gros intérêt de cette balade était le coucher de soleil, et maintenant qu’il était foiré je pouvais rester pour la nuit puisque tout était prêt et que j’avais fort heureusement prévu les affaires pour faire face à des conditions froides, mais je savais parfaitement que je n’allais pas fermer l’œil de la nuit avec une telle soufflerie s’abattant consciencieusement sur la tente sans relâche.

Je n’ai pas tardé à me dire que le lever de soleil ne vaudrait pas l’effort de cette nuit infernale et la décision fut vite prise : je rentre… J’ai replié rapidement les affaires (j’ai mis en vrac dans le sac la toile de tente déjà toute givrée pour qu’elle ne risque pas de s’envoler) puis j’ai entamé la descente sans traîner.

Je craignais en effet de me retrouver à la nuit noire dans le brouillard dans le vallon Froid où les sentes ne sont franchement pas nettes (il n’y avait pas de vrai danger comme j’avais de quoi bivouaquer mais tant qu’à faire, je préférais éviter d’errer 2-3h dans la nuit pour rien). J’ai pu descendre assez vite une bonne partie puis le terrain a changé et j’ai senti que je remontais doucement mais sûrement en plein flanc de la Tête de Vallon Pierra : je n’étais pas passé par là à l’aller et je me souvenais de ma balade de 2008 qu’il y avait une quantité de petites sentes (sans doute les chamois) qui striaient péniblement les pentes de la Tête.

Vite demi-tour, en profitant encore d’un peu de clarté dans le brouillard (j’ai pesté d’ailleurs car le brouillard était bien descendu depuis mon passage un peu plus tôt dans l’après midi) puis j’ai enfin fini par retrouver les passages plus faciles qui mènent au Clos Rognon.

Une fois là un gros changement : j’étais globalement sous le brouillard donc ça devenait plus simple (d’autant que la sente devient bien plus marquée) mais la nuit commençait à bien s’installer. Je suis arrivé néanmoins sans soucis au col de Charnier d’où j’ai regagné le lac du Lauzon.

De là j’ai eu la flemme de remonter pour le retour au col de la Croix donc j’ai pris le sentier du ravin du Fleyrard : raide et désagréable au possible, et j’ai fait au moins cinq ou six bonnes glissades dans la caillasse : heureusement le sac a amorti l’essentiel !

Je suis enfin arrivé à la cabane : les panneaux GR indiquaient deux directions (ce qui correspondait à la carte) mais sur le terrain je n’en voyais qu’une, que j’ai prise pour la sente supérieure qui ramenait aux abords du col de la Croix et que je ne voulais pas prendre. Il m’a finalement semblé en voyant quelques traces de peinture qu’il fallait suivre le lit du torrent qui dévalait la pente. Ca n’était pas trop difficile en dehors de pas mal de passages à gué dans les rochers, mais j’étais quand même un peu inquiet car je me suis dit assez vite que ça n’avait tout de même pas la tête d’un sentier, et si je me fourvoyais vraiment ça n’allait pas être une partie de plaisir de tout remonter à cette heure-ci…

Heureusement j’ai fini par déboucher sur une excellente piste siglée du logo GR : je m’étais donc bien planté au départ mais j’avais enfin retrouvé le bon sentier, que j’ai pu suivre sans histoires jusqu’au parking.

Retour finalement à la maison vers minuit et demie, avec un peu de frustration mais pas trop : je me suis dit qu’au moins là j’allais finir par une bonne nuit !

C’en est peut-être fini maintenant pour les balades « photos » cet automne, je donnerai maintenant la priorité au brame…

Place aux quelques photos de la balade :

Arrivée au col de la Croix : l’ambiance est austère…

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En montant vers le Lauzon cependant, on peut encore garder espoir.

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Le lac du Lauzon, avec en plus la chance de quelques rayons de soleil.

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Puis j’arrive au col de Charnier, avec un dernier regard pour le vallon du Lauzon.

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De l’autre côté, le cœur du Dévoluy est un peu plus riant.

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En direction du vallon Froid, les jeux de lumière sont parfois très agréables à voir ; je profite du spectacle…

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Mais en remontant le vallon Froid, le brouillard m’enserre et ne me quittera presque plus. Une dernière trouée :

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Et pour finir, une photo en montant la crête de la Tête de Vallon Pierra, avant que je range l’appareil qui commence à bien givrer…

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3 Responses to Lac du Lauzon et Tête de Vallon Pierra : une sortie ratée…

  1. Richard Alleaume dit :

    Nous avons dormi dans notre fourgon juste à côté de votre voiture, en se demandant si c’était quelqu’un qui avait des problèmes là haut. . Grand vent toute la soirée. Étonnés tout de même de voir une voiture encore là cette nuit à minuit et plus ce matin.
    Complément d’infos pour regretter ou ne pas regretter (c’est selon…). Ce matin, réveil, le thermomètre indique 4° et le ciel est couvert. Vers 8 heures plus de vent et le soleil arrive. Montée sans vent et ensoleillée par Freyrard col Charnier, Tête du Lauzon puis de Vallon Piera. Midi en haut et pas de vent. Dommage pour votre bivouac, vous n’avez vraiment pas eu de chance. Très belles photos.
    A un de ces jours sur un sommet. Richard

    • Merci pour votre message, c’est amusant !
      Et finalement ça me console plutôt : ça aurait encore été couvert pour le lever de soleil donc…
      Mais c’est bien si vous avez pu faire la balade avec de belles conditions aujourd’hui !

  2. Ping: Grand Ferrand et Tête de Vallon Pierra : un bivouac au coeur du Dévoluy | Montagne et photographies

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