Retour dans le massif des Trois Pignons, en forêt de Fontainebleau

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La forêt de Fontainebleau (et dans une moindre mesure celle de Rambouillet) est l’une des rares choses que j’ai regretté de ne plus avoir à Lyon.

Ce paysage étonnant et unique fait de pins, d’étendues sableuses et des célèbres blocs de grès est vraiment dépaysant : on marche sur ces plages fossiles de l’époque géologique du Stampien (environ -35 millions d’années), et on imagine sans trop de peine des lagons comme aux Bahamas…

Mais la mer est partie, l’étage sableux d’une soixantaine de mètres d’épaisseur est resté, coiffé d’une couche de grès plus ou moins épaisse (là où le silice a durci et aggloméré le sable). Puis l’érosion a fait son travail et les tables de grès se sont fracturées et effondrées, créant ces vallées (pour des parisiens ; les montagnards souriraient avec condescendance pour cette appellation…) et ces bosses.

Cette forêt est aussi chargée de souvenirs pour moi : en arrivant au lycée dans ma jeunesse, j’ai découvert en même temps la montagne (avec une passion fulgurante) et l’escalade, que je pratiquais avec grand plaisir au sein d’un club d’alpinistes briards passionnés. Tous les dimanches où il ne pleuvait pas, je partais ainsi passer la journée en forêt : j’ai encore souvenir de bien des frissons sur des prises improbables où forcément, le pied semblait ne pas pouvoir tenir, ou les doigts ne pas pouvoir s’accrocher à leur gratton, ou encore quand la main arrivait dans ce qui était censé être un bac confortable pour sortir du passage exposé, mais qui se trouvait être rempli de glace et où on ne pouvait plus enfoncer la main…

On croisait dans la forêt tous les parisiens en manque de montagne qui venaient randonner ici en « grosses », avec leurs polaires et leur tenue de cafiste délicieusement désuète. De nombreux massifs et blocs étaient célèbres et avaient leur histoire, comme le toit et le bilboquet au Cul de chien, le cube au rocher Fin ; on parlait des exploits de Jacky Godoffe qui ouvrait une voie en 7b+ au Cuvier…

Puis la vie et ses responsabilités ont pris le dessus, mais j’ai tout de même continué à venir de temps à autres avec grand plaisir.

J’étais donc heureux de me retrouver au grand parking de Noisy sur Ecole ce dimanche matin au lever de soleil, même si le thermomètre affichait -10°c.

Je me souvenais encore bien des lieux donc je suis parti sans attendre vers les étendues sableuses du Cul de chien, avec son célèbre bilboquet. Il n’y avait encore personne ce qui est plutôt rare.

J’ai ensuite traversé en direction du rocher Fin qui était mon objectif principal du jour : je voulais profiter de son sable orangé superbe avec les couleurs du levant. Malheureusement le site est assez ombragé, et le soleil a rapidement été contrarié par quelques nuages donc il n’y a pas eu l’occasion d’y faire de grandes photos, même si j’ai bien apprécié le site et son calme.

J’ai ensuite traversé une portion boisée jusqu’à retrouver le circuit des 25 bosses, un peu au nord du rocher de la Tortue. Là ce fut un petit choc : autant je n’avais vu personne jusque là, autant sur le circuit des 25 bosses j’ai retrouvé la foule !  Il y a une dizaine d’années, le circuit des 25 bosses était déjà bien fréquenté, mais aujourd’hui avec le trail qui est très à la mode, je croisais toutes les minutes un groupe qui passait en courant…

De ce fait j’ai tout de même poursuivi jusqu’à la Grande Montagne dont j’étais curieux de retrouver le parcours (c’était « LE » super parcours montagne de la forêt, avec une centaine de voies à enchaîner en grosses pour se donner une fatigue d’alpiniste), puis je me suis hâté de quitter le circuit des 25 bosses et j’ai immédiatement retrouvé un calme absolu, seulement troublé par un pic.

J’ai alors gagné le site du Diplodocus, dont je me souvenais que le bloc principal de 8m de haut (le diplodocus justement) avait une voie terrifiante et déversante pour atteindre son sommet. Et bien pas plus aujourd’hui qu’hier, je ne m’y serais lancé…

Je suis repassé au rocher Fin qui était un peu plus au soleil, mais avec cette fois du monde et la lumière de midi, donc je ne me suis pas attardé et j’ai poursuivi jusqu’aux abords de la vallée Close, en montant au rocher de Jean des Vignes et de la Souris. Mais la foule des 25 bosses m’a rapidement fait fuir à nouveau et je suis allé aux sables du Cul de chien pour pique-niquer tranquillement (avec un peu de monde, mais sans la grande foule).

Je suis de nouveau reparti au rocher Fin et cette fois j’y suis resté un peu plus : la lumière du milieu d’après-midi n’était pas vilaine et les rochers n’étaient pas encore trop repassés à l’ombre des arbres.

Puis le soleil a baissé et des voiles nuageux plus envahissants sont arrivés, je suis revenu au Cul de chien pour regarder les grimpeurs qui s’acharnaient sur son célèbre toit, dont le passage est toujours très spectaculaire. J’ai justement eu de la chance car un grimpeur a réussi ce célèbre passage.

Je suis ensuite rentré paisiblement, content de cette belle journée en forêt, et je me suis bien décidé à revenir plus souvent, avec les enfants qui se sont mis avec plaisir à l’escalade…

Et maintenant place aux photos !

Les dunes sableuses du Cul de chien peu après le lever de soleil.

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Mais ce côté paradisiaque ne doit pas faire illusion : il fait froid ce petit matin de janvier !

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Même s’il y a bien trop de monde, l’ambiance est tout de même superbe aux abords du circuit des 25 bosses.

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Je traverse le parcours montagne, avec son histoire délicatement surannée aujourd’hui…

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Quelques coulées sur des blocs, totalement gelées…

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Entre les sites d’escalade règne un calme fabuleux, et les paysages sont finalement assez variés.

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Textures de grès.

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Le diplodocus ; il faudra refaire la photo avec quelqu’un pour donner l’échelle ! (je crois me souvenir qu’ici, la table de grès a basculé latéralement).

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Le célèbre bilboquet au Cul de chien, dont le profil peut évoquer un chien et dont la face peut évoquer E.T. (les jeunes : ne cherchez pas, vous ne pouvez pas comprendre)…

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Bref, un bloc facétieux !

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La mer de sable du Cul de chien.

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Je repasse au rocher Fin ; le bloc de départ du circuit jaune, le Cervin.

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Et le célèbre Cube.

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Le rocher Fin et ses beaux sables orangés.

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Les grimpeurs ont de quoi s’amuser, en pratiquant une escalade en rapport avec le nom du site !

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Un cosaque en fuite dans la forêt…

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Et je termine au Cul de chien, au célèbre toit dont vous pourrez découvrir toute la subtilité du passage…

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4 Responses to Retour dans le massif des Trois Pignons, en forêt de Fontainebleau

  1. Bonjour Cédric,
    Merci de réveiller tous ces lointains souvenirs, du temps où les polaires n’étaient pas près d’exister… À bientôt

  2. Bonjour Gérard,
    Merci, et content si ça rappelle des bons souvenirs ! A bientôt

  3. Pastelle dit :

    Toujours ravie de suivre tes balades, ici ou ailleurs.
    Mais trop de photos pour les commenter ! 😉

    • Merci !
      Et n’aie pas mauvaise conscience : ce sont avant tout des récits de balades illustrés de photos dont bon nombre se veulent informatives, plus que de belles galeries de photographes ! 😉
      Belles balades à toi dans mes chères collines lyonnaises !

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